L’Afrique lance à Nairobi un centre continental de recherche anticorruption
Nairobi, 17 juin 2026 – L’Association des autorités anticorruption d’Afrique (AAACA) a lancé le Centre africain d’études et de recherche anticorruption (CEREAC), une nouvelle institution continentale consacrée à la recherche, à l’élaboration des politiques et au renforcement des capacités en matière de lutte contre la corruption. Le Centre a été lancé à Nairobi lors de la 8e Assemblée générale annuelle de l’AAACA, organisée par la Commission kényane d’éthique et de lutte contre la corruption (EACC).
Un pôle continental pour des solutions fondées sur des données probantes
Le CEREAC sera le bras de recherche et d’analyse de l’AAACA. Il devra produire des données et des analyses sur les causes et les facteurs favorisant la corruption, et soutenir des réponses adaptées aux contextes africains par la recherche, le conseil en politiques publiques, la formation et le partage de connaissances. Selon l’EACC, le Centre est doté de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et financière.
La procureure générale du Kenya, Dorcas Oduor, a présidé le lancement au nom du président William Ruto. Dans le discours du Président, lu en son nom, celui-ci a appelé à des solutions africaines, fondées sur des données probantes, face aux défis de corruption et de gouvernance du continent.
Ce Centre incarne une vérité importante : la lutte contre la corruption ne requiert pas seulement des enquêteurs, des procureurs, des auditeurs et des juges, mais aussi des chercheurs, des économistes, des spécialistes des données, des experts en gouvernance, des praticiens des politiques publiques et des institutions universitaires capables de produire des solutions fondées sur des données probantes face à des défis de gouvernance de plus en plus complexes.
Le président William Ruto, dans un discours prononcé par la procureure générale Dorcas Oduor (traduction CERC)
De Bujumbura à Nairobi
Le directeur général de l’EACC, Abdi Mohamud, a retracé les étapes ayant conduit à ce lancement. Les membres de l’AAACA ont d’abord décidé de créer le Centre lors de leur 5e Assemblée générale à Bujumbura (Burundi), en juin 2022. Il a été formellement établi à Johannesburg (Afrique du Sud) en août 2023 ; le Kenya a été choisi à l’unanimité comme pays hôte en janvier 2024 ; et la résolution finale de le lancer au Kenya a été adoptée à Alger (Algérie) en juillet 2025.
Le président de l’EACC, David Oginde, a estimé que le Centre aidera à combler les lacunes de connaissances et à concevoir des interventions adaptées aux réalités de la gouvernance en Afrique. Le président de l’AAACA, le général Hisham El-Rakaybi, a appelé à une coopération soutenue entre les agences anticorruption pour lutter contre la corruption et les flux financiers illicites.
L’Assemblée, ouverte le 16 juin, a réuni des délégués de 45 institutions anticorruption de 43 pays africains. C’était la première fois que le Kenya accueillait l’Assemblée depuis la création de l’Association.
Pourquoi c’est important
Pour le CERC, la création d’un centre de recherche continental est un signal encourageant : elle reconnaît que des progrès durables contre la corruption reposent sur des données solides et sur la coopération entre institutions publiques, chercheurs et société civile. Le CERC se réjouit de contribuer, depuis la République démocratique du Congo, à cette communauté africaine de la recherche en pleine croissance.
Source : Commission d’éthique et de lutte contre la corruption (EACC), Kenya – « Continental anti-corruption research centre launched in Nairobi », 18 juin 2026. Photo : EACC.