Impact de la corruption sur les femmes en RDC

En République Démocratique du Congo, les efforts déployés pour lutter contre la corruption ne tiennent malheureusement pas toujours compte de l’impact spécifique que la corruption a sur les femmes. Les femmes sont souvent les plus touchées par la corruption, car elles sont plus susceptibles d’avoir un accès limité aux services publics et aux ressources économiques.

Qu’il s’agisse d’accéder à des services de base, par exemple aux soins de santé ou à l’éducation, d’avoir recours aux différents services de l’Etat : police, justice, administrations centrales ou locales ou d’avoir recours au secteur privé (essayer d’obtenir un crédit, un emploi…), elles sont souvent confrontées à des formes spécifiques de corruption, telles que la corruption sexuelle ou le harcèlement sexuel.

La méconnaissance de leurs droits, la méfiance à l’égard du système judiciaire, la peur de la stigmatisation et des représailles, la protection insuffisante des dénonciateurs et l’absence de mécanismes de signalement sûrs tenant compte des diverses formes spécifiques de corruption dont elles sont victimes sont autant d’obstacles à la participation des femmes à la lutte contre la corruption.

ll est donc essentiel que les efforts de lutte contre la corruption prennent en compte les besoins et les perspectives des femmes pour être efficaces et équitables.

Tenant compte de toutes ces considerations, le CERC a lancé une campagne intitulé « Femmes contre la Corruption » qui se poursuivra jusqu’à la fin de mars 2023.

Objectifs

Les objectifs de cette campagne sont de mieux comprendre les formes spécifiques de corruption dont les femmes sont victimes, en particulier la corruption sexuelle ; créer des mécanismes sécurisés permettant aux femmes de signaler toute corruption à laquelle elles sont confrontées ; éduquer et sensibiliser les femmes à leurs droits ; et sensibiliser tous les secteurs de la société à la corruption liée au sexe.

Résultats attendus

Les résultats escomptés comprennent une augmentation significative du signalement de la corruption sexuelle par les femmes victimisées ; l’utilisation efficace du système juridique pour lutter contre la corruption à l’égard des femmes et la sanctionner ; et reconnaître juridiquement ce phénomène comme une infraction de corruption.

Auteur: Heri Bitamala, Directeur Exécutif, Mail to : [email protected]