Une corruption jugée grave et en hausse, présente dans la plupart des institutions, et une action publique peu connue.
Situation généralePeu de progrès, mais une certaine satisfaction
Plus d’un quart des répondants (28,5 %) voient des progrès importants dans la situation générale, 42,6 % peu de progrès et 22,3 % aucun. Pourtant, 62,9 % se disent très ou un peu satisfaits de la situation globale au Sud-Kivu, et seuls 11,0 % très insatisfaits. Les avis sur la situation politique et sur le leadership politique sont partagés, et 30,0 % jugent la situation économique mauvaise.
| Problèmes les plus graves de la province | % |
|---|
| Chômage | 22,6 |
| Pauvreté | 15,8 |
| Mauvaises infrastructures | 10,5 |
| Corruption | 9,7 |
| Instabilité politique | 9,0 |
| Problèmes économiques | 4,5 |
| Criminalité | 1,6 |
| Système de santé défaillant | 1,5 |
GravitéPeu citée, mais jugée grave
Citée par 9,7 % seulement parmi les problèmes les plus graves, la corruption est jugée grave dès qu’on interroge directement les répondants : 56,9 % la trouvent très ou un peu grave, 15,6 % pas grave. Et 45,2 % estiment qu’elle est plus élevée qu’au cours des années passées, contre 14,2 % qui la jugent plus faible.
| Gravité de la corruption au Sud-Kivu | % |
|---|
| Très grave | 40,0 |
| Un peu grave | 16,9 |
| Pas trop grave | 11,5 |
| Pas du tout grave | 3,7 |
| La corruption n’existe pas | 0,4 |
| Ne sait pas | 25,0 |
InstitutionsLes institutions perçues comme corrompues
Ces résultats ne mettent en cause aucun responsable en particulier : ils montrent comment les citoyens perçoivent chaque institution dans la fourniture des services. La corruption est perçue comme répandue dans la plupart des services de l’État, à commencer par le gouvernement provincial.
| Institution | Corrompue % | Peu ou pas % | Ne sait pas % |
|---|
| Gouvernement provincial | 54,3 | 14,1 | 30,1 |
| Assemblée provinciale | 48,9 | 18,1 | 31,8 |
| Ministère provincial de l’éducation | 48,5 | 18,5 | 30,9 |
| Office des Routes | 47,6 | 18,1 | 33,1 |
| Ministère des mines, de l’énergie et des hydrocarbures | 47,2 | 20,4 | 30,9 |
| Ministère provincial de la justice et des droits humains | 46,3 | 20,8 | 31,2 |
| Ministère provincial des travaux publics et infrastructures | 46,0 | 20,9 | 31,5 |
| Cabinet du gouverneur | 45,5 | 20,3 | 33,0 |
| Agence congolaise des grands travaux | 44,0 | 22,0 | 33,0 |
| Cours et tribunaux | 43,8 | 21,4 | 33,4 |
| Ministère provincial du plan et du budget | 41,2 | 23,6 | 34,0 |
| Ministère provincial de la santé | 39,6 | 28,0 | 31,2 |
| Secrétariat du gouvernement provincial | 38,3 | 26,3 | 33,9 |
| Commission électorale nationale indépendante | 35,0 | 29,6 | 34,2 |
| Bureau du procureur | 32,8 | 30,7 | 35,1 |
| Agents et responsables | Corrompus % | Peu ou pas % | Ne sait pas % |
|---|
| Membres du parlement provincial | 52,9 | 15,1 | 30,7 |
| Ministres provinciaux | 47,3 | 20,2 | 31,3 |
| Directeurs généraux et administrateurs | 45,1 | 20,9 | 32,0 |
| Administrateurs de territoire | 42,6 | 23,8 | 32,1 |
| Juges et procureurs | 42,1 | 25,4 | 31,1 |
| Défenseurs judiciaires et avocats | 41,3 | 24,2 | 32,9 |
| Fonctionnaires de l’État | 33,2 | 34,5 | 31,2 |
SecteursDouanes, partis politiques et éducation en tête
Sur vingt secteurs et services, la corruption est jugée la plus fréquente dans les services douaniers (46,8 %), les partis politiques (45,3 %) et l’éducation (44,9 %), et la moins fréquente parmi les confessions religieuses (26,1 %), l’armée et la police (33,2 %) et les leaders communautaires (33,9 %). Invités à classer les trois secteurs les plus corrompus, les répondants citent d’abord le système électoral (29,6 %), puis les douanes (11,6 %), l’éducation (9,1 %) et la santé (8,2 %) ; le secteur commercial (0,7 %) et les médias (0,9 %) viennent en dernier.
L’argent est la forme de corruption que les agents publics acceptent ou demandent le plus (58 %) ; d’autres répondants citent des motos, des meubles, des véhicules et des cartes téléphoniques. Les répondants fondent leur avis sur leur expérience personnelle (35,0 %), les médias (26,3 %) et leurs amis et connaissances (16,9 %).
Action publiqueUne lutte contre la corruption peu connue
Seuls 13,9 % connaissent des mesures prises par le gouvernement contre la corruption au Sud-Kivu, et 86,1 % n’ont pas su juger de leur efficacité. Une large majorité doute de la volonté politique : à la question de savoir si le gouvernement a une volonté sincère de lutter contre la corruption, 9,1 % sont tout à fait d’accord et 6,5 % d’accord, contre 15,1 % pas d’accord et 54,9 % en désaccord total ; 12,8 % ne savent pas.