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Ce que nous faisons · Justice

État de droit et accès à la justice

Nous œuvrons pour des tribunaux indépendants, intègres et ouverts à tous – et pour des citoyens qui peuvent signaler la corruption dans la justice et être entendus.

Travailler avec nousVoir les résultatsLe système d’alerte

  • 9 points focaux dans le réseau d’alerte sociale Kinshasa
  • 70 affiches du numéro vert dans les tribunaux Kalamu, Ndjili et Matete
  • 7 alertes de corruption reçues et documentées Mai–juin 2024
  • 61 étudiants de 4 universités à la rencontre interclubs Décembre 2024

Une justice hors de portée pour la plupart des Congolais

En République démocratique du Congo, les institutions du secteur de la justice manquent de capacité et d’indépendance pour faire avancer leurs propres réformes et fournir des services de qualité, justes et équitables à tous les Congolais.

L’absence d’un système judiciaire indépendant est causée par la corruption, qu’elle favorise, et elle contribue à une justice inéquitable dans le pays. Elle est donc le problème majeur auquel sont confrontés le système judiciaire et l’État de droit en RDC. Cette corruption et le manque de confiance du public qui en résulte affectent la gouvernance interne du système judiciaire et la capacité du pays à mobiliser ses ressources pour son propre développement.

Des tribunaux sans moyens

Le pouvoir judiciaire a une portée limitée dans le pays. Privé des ressources nécessaires pour remplir son mandat, il ne peut garantir un accès égal à la justice – et la petite corruption gagne le système.

L’ingérence politique

L’ingérence politique met en péril l’indépendance du système judiciaire et le droit des citoyens à un procès équitable.

Une justice qui a un prix

La pauvreté, le manque de ressources judiciaires adéquates et la corruption généralisée empêchent les Congolais de demander justice, ce qui marginalise encore plus les jeunes et les femmes.

Signaler la corruption reste risqué

En mai et juin 2024, CERC a reçu et documenté 7 alertes de corruption dans la justice. 3 n’ont pas pu être suivies, car les victimes ou les témoins se sont retirés par peur de représailles – c’est pourquoi la protection des lanceurs d’alerte fait partie de notre plaidoyer.

7Reçues4Suivies3Retirées
Alertes de corruption dans la justice, mai–juin 2024

Comment la justice peut changer

Notre action dans le secteur de la justice repose sur cette théorie du changement.

  1. 1

    Si les tribunaux renforcent leur intégrité

    Les institutions judiciaires augmentent la transparence interne, la redevabilité et l’intégrité, et améliorent leur capacité et leur engagement à lutter contre la corruption.

  2. 2

    Si les citoyens veillent

    La société civile est habilitée à surveiller, influencer et soutenir le système judiciaire pour prévenir et combattre la corruption.

  3. 3

    Si la justice devient accessible

    Le système judiciaire augmente l’accès égal et équitable à la justice pour tous grâce à des mécanismes plus durables.

  4. 4

    Alors la confiance grandit

    L’indépendance de la justice et la confiance du public dans le système judiciaire augmenteront, permettant au système judiciaire de rendre efficacement la justice au peuple de la RDC.

But

Renforcer l’indépendance institutionnelle du système judiciaire et celle des juges, afin de faire progresser les efforts de la justice pour lutter contre la corruption et promouvoir un accès égal et équitable à la justice en RDC – et, à terme, améliorer la perception et la confiance du public envers le système judiciaire.

Objectifs

  1. Renforcer la transparence, la redevabilité et l’intégrité du système judiciaire pour promouvoir une justice égale et équitable et soutenir les efforts de lutte contre la corruption en RDC
  2. Renforcer le pouvoir de la société civile pour exiger l’engagement du gouvernement en faveur de l’indépendance de la justice et contribuer à la réforme judiciaire
  3. Améliorer l’accès égal et équitable à la justice pour tous

Avec qui nous travaillons

Citoyens et justiciables

Un canal sûr pour signaler la corruption, et des informations sur leurs droits près des tribunaux.

Autorités judiciaires

Les procureurs et chefs de division des parquets de Kalamu, Ndjili et Matete ont soutenu le système d’alerte sociale.

Société civile

Des points focaux désignés par ACVDP, PONJA PONJA, C4, GREM, COCOLUCO, AFEVOPHA et CERC recueillent les plaintes de leurs communautés.

Étudiants

Des clubs d’intégrité dans quatre universités de Kinshasa, avec autant de femmes que d’hommes et 30 % d’étudiants marginalisés ou sous-représentés.

Des étudiants discutent de la corruption devant un bâtiment universitaire

Les étudiants brisent le silence sur la corruption sexuelle

Le 3 décembre 2024, 61 étudiants (18 filles et 43 garçons) des clubs d’intégrité de l’Université de Kinshasa, de l’Université panafricaine, de l’Université Révérend Kim et de Bel Campus se sont réunis pour diagnostiquer la corruption à l’université. 80 % des étudiants interrogés ont déclaré avoir été confrontés à une tentative de corruption sexuelle. Ensemble, ils ont élaboré un plan d’action commun, dont un plaidoyer pour une loi de protection des lanceurs d’alerte.

La corruption sexuelle en milieu universitaire en RDC

Comment fonctionne le système d’alerte social

Le système d’alerte social est un mécanisme qui encourage les citoyens à agir à temps et de façon adaptée pour signaler la corruption dans le secteur de la justice – à la police judiciaire, au parquet et dans les cours et tribunaux. Chaque alerte est recueillie par un point focal, vérifiée et documentée par CERC, puis suivie d’une réponse : plaidoyer, dénonciation, sensibilisation ou assistance juridique.

CERC l’a mis en place avec RCN Justice & Démocratie dans le cadre du Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJ2), mis en œuvre par un consortium réunissant RCN J&D, Avocats Sans Frontières (ASF) et TRIAL International et financé par le Fonds européen de développement, et du projet REPLIC, financé par la Coopération belge au développement. Le programme poursuit trois objectifs spécifiques : améliorer l’accès au droit et à une justice de qualité pour tous, renforcer la lutte contre l’impunité et la protection des droits humains, et renforcer la lutte contre la corruption.

Quatre piliers

  1. Connaître les risques. Collecter systématiquement les données sur les pratiques de corruption, pour en connaître les actes, les vulnérabilités et les tendances
  2. Surveiller et alerter. Les points focaux surveillent les cas et actes de corruption et émettent des alertes précises
  3. Diffuser et communiquer. Les alertes atteignent toutes les personnes concernées, sous une forme claire et utilisable
  4. Pouvoir répondre. Des plans de réponse locaux et nationaux, à jour, et des personnes prêtes à agir

Collecter et signaler

  • Collecter et documenter les cas de corruption dans leur communauté
  • Partager les alertes avec CERC et RCN J&D
  • Participer aux activités de réponse organisées par CERC

Recevoir, vérifier et répondre

  • Former et informer les points focaux, et accompagner leurs activités de terrain
  • Recevoir, analyser et documenter les alertes
  • Organiser la réponse, orienter et soutenir les victimes
  • Faire vivre le réseau des points focaux et des partenaires

Superviser et orienter

  • Appuyer CERC dans l’accompagnement des points focaux
  • Superviser les activités de terrain
  • Vérifier les alertes validées et orienter les réponses

Ce que doit contenir une alerte

  • Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Quand ? Pourquoi ?
  • La date précise des faits
  • La pratique de corruption en cause
  • Les faits, le lieu, les personnes impliquées et les témoins éventuels
  • Le nom ou la fonction, et le service, de la personne visée
  • Transmise par écrit par WhatsApp, e-mail ou SMS – et confidentielle : partagée uniquement avec CERC et RCN J&D, données personnelles protégées

La corruption dans la justice

  • Le marchandage des décisions judiciaires
  • L’immixtion des autorités politiques, administratives et sécuritaires (trafic d’influence)
  • La liberté provisoire monnayée au-delà de la caution, et les cautions détournées
  • L’attribution des dossiers et des postes par clientélisme et népotisme
  • La subtilisation de pièces des dossiers
  • Le harcèlement sexuel des justiciables et de leurs avocats par des magistrats
  • La complicité de magistrats et d’avocats pour exploiter les justiciables
  • Les arrestations arbitraires, les délais de prononcé non respectés, les frais de fonctionnement détournés

De l’alerte à l’action

  • Plaidoyer : lettres, appels et réunions avec les autorités – APLC, OSCEP, Conseil supérieur de la magistrature et chambres de discipline
  • Dénonciation : communiqués et conférences de presse, numéro vert, réseaux sociaux, SMS groupés, pétitions
  • Sensibilisation communautaire, sur les réseaux sociaux et par panneaux publicitaires
  • Assistance juridique aux victimes

Base légale : article 33 de la Convention des Nations Unies contre la corruption (protection des personnes qui communiquent des informations) ; article 149 quinquies du Code pénal congolais (aucune poursuite contre un témoin, un expert ou une victime qui signale de bonne foi des actes de corruption) ; Protocole de la SADC contre la corruption (2001) et Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (2003).

Les citoyens peuvent désormais signaler la corruption dans les tribunaux

En 2024, avec RCN Justice & Démocratie – dans le cadre du Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJ2) financé par l’Union européenne et du projet REPLIC cofinancé par la Coopération belge au développement – CERC a mis en place un système d’alerte sociale contre la corruption dans les tribunaux de Kalamu, Ndjili et Matete.

9 points focaux de la société civile, équipés de 9 téléphones et 8 cartes SIM, recueillent les plaintes de leurs communautés. 70 affiches du numéro vert ont été posées dans les tribunaux, et une soixantaine de justiciables et de tenanciers de petits commerces près des tribunaux (27 femmes et 33 hommes) ont appris à l’utiliser.

En décembre 2024, CERC et l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) ont formé des membres de l’ACAJ et un blogueur à prévenir, détecter et combattre la corruption là où ils vivent et travaillent.

Changer les règles

  1. 2021CERC fait entrer ses propositions dans la stratégie nationale contre la corruptionInvité comme expert aux États généraux de la lutte contre la corruption, CERC a vu ses propositions retenues dans la stratégie nationale.
  2. 2024Un système d’alerte pour que les citoyens dénoncent la corruption au sein du système judiciaireDes alertes citoyennes contre la corruption dans trois tribunaux de Kinshasa, avec le soutien des parquets.
  3. 2026Loi anticorruption en RDC: CERC salue la recevabilité du projet de loi à l’Assemblée nationaleL’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de loi anticorruption, qui protège les lanceurs d’alerte de bonne foi.

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Objectifs de développement durable concernés

ODD 10ODD 16ODD 17

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