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Projet en cours · Uvira, Sud-Kivu

GovCheck Climat : agir avant les inondations à Uvira

Quand une forte pluie s’annonce, les habitants d’Uvira sont prévenus par SMS ; quand ils voient un danger, ils le signalent dans leur langue, et la Ville sait où agir. GovCheck Climat relie les prévisions, les habitants et la Ville.

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Une ville en première ligne

Uvira compte plus d’un demi-million d’habitants entre des collines déboisées et le lac Tanganyika. Quand il pleut fort, la terre nue ne retient rien : les rivières Kalimabenge, Mulongwe et Kavimvira débordent.

  • 15 000 maisons

    inondées ou endommagées par la crue de la Mulongwe, les 16 et 17 avril 2020 ; des dizaines de morts et environ 75 000 sans-abri.

    Mairie d’Uvira ; AP, MONUSCO

  • 4 500 maisons effondrées

    et 53 écoles inondées en 2024, quand le lac et les rivières ont débordé ; plus de 34 000 personnes déplacées.

    Mairie d’Uvira, avril 2024 ; AFP

  • 6 morts, 1 100 déplacés

    lors de la crue de la Kalimabenge à Kalundu, le 1er mai 2026 ; 544 maisons endommagées et 7 800 personnes touchées.

    Croix-Rouge, IFRC (DREF MDRCD050)

Pourquoi Uvira est si exposée

Uvira s’étend sur une étroite bande de terre entre le lac Tanganyika et les monts Mitumba, en trois communes : Kalundu, Kavimvira et Mulongwe. Les pentes ont été déboisées, des maisons sont construites dans le lit des rivières et sur la rive du lac, et les caniveaux sont souvent bouchés : chaque forte pluie devient une crue. Ces crues reviennent de plus en plus souvent depuis le début des années 2000 ; celle de 2002 avait déjà fait au moins 46 morts.

Le changement climatique aggrave le risque : les pluies sont plus intenses, et le lac Tanganyika a atteint des niveaux records depuis 2020. La guerre aussi : l’occupation de la ville par l’AFC/M23, de décembre 2025 au 17 janvier 2026, a déplacé des centaines de milliers de personnes, qui s’installent souvent là où l’eau monte en premier.

Pourquoi le drame se répète

  • Les alertes arrivent trop tard. Les prévisions existent, mais elles ne parviennent pas aux habitants des quartiers exposés, dans leur langue, sur un téléphone simple, avant la pluie.
  • Les signalements se perdent. Les habitants voient les caniveaux bouchés, les fissures sur les pentes ou la montée des eaux bien avant la crue, mais ne savent pas à qui le dire, ni si quelqu’un a agi.
  • La langue et le téléphone excluent. Beaucoup parlent swahili plutôt que français, n’ont ni smartphone ni internet, ou écrivent difficilement.
  • La Ville manque de données. Sans données, la Mairie et les communes ne savent ni où l’eau revient, ni quels caniveaux cèdent en premier, ni si le budget d’adaptation est dépensé.
  • Personne ne rend de comptes. Les habitants ne voient ni qui est responsable, ni la rapidité des services, ni ce qu’est devenu l’argent voté pour les caniveaux, les digues et le reboisement.

Comment GovCheck Climat fonctionne

GovCheck Climat est le module climat de GovCheck, la plateforme civique libre du CERC, déployée pour la Ville d’Uvira et ses trois communes. Il relie les prévisions, les habitants et la Ville, en quatre temps.

Avant la pluie : l’alerte

Toutes les trois heures, GovCheck relève la prévision de pluie (Open-Meteo). Quand une forte pluie s’annonce – 30 mm ou plus par jour –, chaque habitant inscrit reçoit gratuitement une alerte par SMS, comme le Maire, les Bourgmestres et les services concernés. L’alerte dit quoi faire : s’éloigner des rivières, ne jamais traverser l’eau, mettre enfants et documents en hauteur.

Quand on voit un danger : le signalement

Un habitant voit une inondation, une érosion, un caniveau bouché ou des arbres coupés ? Il le signale par le web, SMS ou WhatsApp, en français, swahili, lingala ou à la voix. L’IA résume, traduit, repère l’urgence quand des maisons ou des vies sont menacées et transmet au bon service ; un agent vérifie. Avec son code de suivi, l’habitant voit ce que la Ville fait.

Pour prévenir : la carte des points chauds

Mis bout à bout, les signalements montrent où l’eau revient et quels caniveaux cèdent en premier, quartier par quartier et saison après saison. La Ville sait ainsi où curer, consolider ou reboiser avant la prochaine saison des pluies. Les données personnelles et les signalements sensibles ne sont jamais publiés.

Pour rendre des comptes : le suivi public

Chaque service a son tableau de bord : combien de signalements il résout, en combien de temps, et ce qu’en pensent les habitants. Le budget d’adaptation et ses projets – caniveaux, digues, berges, reboisement – sont suivis du vote au paiement. Chacun voit qui répond et où va l’argent.

Un assistant IA répond aussi aux questions des habitants sur les alertes, la prévention et les démarches. Il s’appuie uniquement sur ce que la Ville a publié ; quand il ne sait pas, il le dit.

Ce que chaque ménage peut faire

Une alerte ne protège que si chacun sait quoi faire. Avec chaque alerte, GovCheck Climat rappelle les bons gestes :

  • Gardez propre le caniveau devant votre maison ; n’y jetez jamais de déchets.
  • Pendant les fortes pluies, éloignez-vous des rivières, du bord du lac et des ravines ; ne traversez jamais les eaux en crue, à pied ou à moto.
  • Mettez les enfants, les documents et les objets de valeur en hauteur quand une alerte est annoncée.
  • Plantez des arbres, du bambou ou du vétiver sur les pentes contre l’érosion ; ne construisez pas dans le lit des rivières ni sur les pentes instables.

Une IA responsable

L’IA aide, les agents décident.

  • Les agents valident chaque orientation, chaque urgence et chaque publication : l’IA propose, elle ne décide pas. Chaque suggestion est conservée avec le modèle et la raison, pour pouvoir la vérifier.
  • Le texte original de l’habitant reste toujours à côté de la traduction. Chaque mois, nous mesurerons les erreurs par langue et par quartier, car l’IA comprend moins bien le swahili et le lingala que le français.
  • Les habitants savent quand une réponse vient de l’IA, et l’assistant ne répond qu’à partir des informations publiées.
  • Les données personnelles ne sont jamais publiques, et nos fournisseurs d’IA ne s’en servent pas pour entraîner leurs modèles ; le code est libre.
  • L’outil est sobre : aucun modèle n’est entraîné, les alertes reposent sur de simples seuils de pluie et les pages fonctionnent sur un téléphone simple.

Où en est le projet

  • Construit et en ligne

    Alertes, signalements par le web, SMS et WhatsApp, tri par l’IA, carte, tableaux de bord, suivi du budget et assistant : tout fonctionne déjà sur govcheck.cerc.cd.

  • Testé de bout en bout

    Un signalement écrit en swahili a été trié, traduit et orienté automatiquement ; les SMS sont partis ; les conversations par WhatsApp et SMS ont abouti.

  • Prêt pour Uvira

    La Ville et ses communes de Kalundu, Kavimvira et Mulongwe sont configurées, avec des comptes pour le Maire, les Bourgmestres et les chefs de service.

Le pilote de 12 mois

Il reste à le mettre entre les mains des habitants et des agents. Le CERC prépare avec la Ville d’Uvira un pilote de 12 mois ; les objectifs proposés, à confirmer avec la Ville :

10 000habitants inscrits aux alertes pluie gratuites par SMS

12 hd’avance au moins pour les alertes avant une forte pluie

2 000signalements climatiques reçus et orientés, dont 70 % pris en charge en 48 heures

160personnes formées : 100 agents municipaux et 60 relais communautaires

Le pilote servira aussi à cartographier les quartiers à risque et à préparer, avec ces données, un plan de curage des caniveaux et de protection des berges pour le Conseil urbain. Il ajoutera la cartographie du risque d’inondation à partir des images satellites et des rivières, et la reconnaissance vocale en swahili et en lingala.

Passer à l’échelle

Ce qui marche à Uvira peut marcher ailleurs : GovCheck est libre, et une nouvelle ville, commune, secteur ou chefferie s’ajoute par simple configuration, sans nouveau code.

Année 1

Faire ses preuves à Uvira

La Ville et ses trois communes ; 10 000 habitants inscrits aux alertes ; résultats mesurés et publiés.

Année 2

10 fois plus

Une dizaine d’entités exposées aux inondations au Sud-Kivu et le long du lac Tanganyika (Bukavu, Baraka, Fizi, Kalemie) ; 100 000 habitants inscrits.

Année 3

100 fois plus

50 à 100 entités en RDC et de premiers déploiements dans les pays voisins des Grands Lacs ; un million d’habitants touchés par les alertes.

GovCheck Climat contribue à l’initiative des Nations Unies « Des alertes précoces pour tous », au Cadre de Sendai et aux Objectifs de développement durable 11, 13 et 16. Il respecte le Code du numérique de la RDC sur les données personnelles, et alignera ses alertes sur celles de METTELSAT et de la protection civile, pour les compléter et non les concurrencer.

Rejoignez-nous

Pour que le pilote réussisse et s’étende à d’autres villes, nous cherchons des partenaires : pour financer le pilote, les SMS et les formations ; pour modéliser le risque d’inondation et reconnaître la voix en langues locales ; et pour relier l’outil aux services météorologiques, aux opérateurs mobiles, aux acteurs humanitaires et à d’autres villes africaines.

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