Comprendre et influencer le comportement des élèves 2021

534 élèves et 89 enseignants et chefs d’établissement du Sud-Kivu et de Kinshasa nous ont dit ce qui pousse les jeunes à suivre les services de leurs communautés – et ce qui les en empêche.

Traduit de l’édition originale en anglais.

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L’étude en bref

Les jeunes veulent être des acteurs du changement. Ce qui les retient, c’est la peur, le coût et un appui insuffisant.

534

jeunes dans 39 ateliers au Sud-Kivu et à Kinshasa – 271 garçons et 263 filles

89

enseignants et chefs d’établissement interrogés dans 24 écoles

39

ateliers : 27 Clubs d’Intégrité à Bukavu et Uvira, 12 écoles sans club à Kinshasa

9 sur 15

nouveaux moniteurs d’un groupe ont cité les connaissances et compétences nouvelles comme première motivation

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Résumé

En 2021, le CERC a étudié ce qui pousse les élèves à devenir moniteurs des services et des projets réalisés dans leurs communautés, ce qui les retient et qui les aide.

L’étude a été menée pendant l’année zéro de Students Acting for Accountability and Quality of Education, financé par le Partenariat mondial pour l’éducation à travers Education Out Loud (composante opérationnelle 2), pour préparer le projet avec les élèves eux-mêmes. Elle a porté sur le modèle des Clubs d’Intégrité du CERC au Sud-Kivu, où les clubs fonctionnent depuis 2017, et à Kinshasa, où le projet allait les implanter.

En juin et juillet 2021, le CERC a animé 39 ateliers participatifs avec 534 jeunes et interrogé 89 enseignants et chefs d’établissement dans 24 écoles, auxquels se sont ajoutés 16 entretiens avec des informateurs clés. Une revue de la littérature sur l’engagement civique des jeunes et le changement de comportement a mis les résultats en perspective.

Les questions suivaient l’approche 4E du CERC sur le comportement – Enable, Encourage, Engage, Exemplify : permettre, encourager, impliquer, montrer l’exemple. Dans cette édition, les résultats sont aussi appréciés selon les six critères d’évaluation du CAD de l’OCDE utilisés par la Banque mondiale et l’Union européenne : pertinence, cohérence, efficacité, efficience, impact et durabilité.

Principaux résultatsDes jeunes volontaires, freinés par des obstacles

  • Permettre. Les jeunes tiennent à l’intégrité et veulent changer leurs écoles et la société ; le développement personnel et, pour les plus pauvres, la compensation financière les motivent. Les déplacements, le manque d’équipement et de nourriture et l’accès limité à l’information les freinent, tout comme la peur – d’être ciblés, arrêtés ou, pour les filles, harcelées sexuellement.
  • Encourager. Là où enseignants référents et chefs d’établissement sont actifs, le climat est favorable au suivi et les élèves gagnent en confiance et en conscience de leurs droits. L’appui du CERC a été trop rare et trop mince, et lui a coûté une part de confiance ; les familles découragent leurs enfants, sauf si elles ont assisté à une séance de sensibilisation.
  • Impliquer. Les autorités locales, le personnel des projets et les membres de la communauté s’engagent peu, ce qui démoralise les moniteurs ; la participation aux clubs baisse avec le temps.
  • Montrer l’exemple. Une partie du suivi est entrée dans la vie de l’école – comme le contrôle de la ponctualité des enseignants – mais les mécanismes à long terme sont rares et les anciens moniteurs ne sont pas suivis.

Appréciation d’ensembleUn modèle pertinent qui demande un appui plus proche

Le modèle est pertinent et plutôt efficace ; sa cohérence avec les autres acteurs, l’efficience de l’appui du CERC et la durabilité du suivi sont plutôt insatisfaisantes ; l’impact ne pouvait pas être apprécié par une étude ponctuelle.

Principales recommandationsCinq priorités

  1. Former en continu les moniteurs et les enseignants, et former aussi les non-moniteurs ; relier les écoles par des visites d’échange.
  2. Continuer d’impliquer les médias pour mobiliser les jeunes, les communautés et les autorités.
  3. Travailler avec les parties prenantes clés pour que les communautés comprennent et soutiennent le suivi et les clubs.
  4. Inciter davantage les élèves à participer aux programmes des Clubs d’Intégrité.
  5. Approfondir la recherche sur le harcèlement sexuel signalé par les filles, et les protéger.
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Appréciation selon les critères d’évaluation

Les résultats de l’étude, appréciés selon les six critères du CAD de l’OCDE utilisés par la Banque mondiale et l’Union européenne.

CritèreQuestion d’évaluationAppréciationPrincipaux constats
PertinenceLe modèle des Clubs d’Intégrité répond-il à ce que veulent les jeunes et à leurs besoins ?SatisfaisantMoniteurs et non-moniteurs comprennent bien l’intégrité et veulent être des acteurs du changement ; le modèle leur donne un moyen d’agir. Il touche moins les jeunes les plus pauvres, les élèves en dernière année et les élèves vivant avec un handicap.
CohérenceLe modèle fonctionne-t-il avec les autres acteurs autour de l’école ?Plutôt insatisfaisantSolide là où enseignants et chefs d’établissement s’impliquent ; faible avec les services éducatifs, le personnel des projets et les autorités locales ; aucun lien avec les mouvements de jeunes, les journalistes ou les artistes engagés pour l’intégrité.
EfficacitéLes élèves parviennent-ils à faire le suivi et à obtenir des résultats ?Plutôt satisfaisantConnaissances et compétences nouvelles, plus de confiance et de conscience de leurs droits civiques, mécanismes de suivi de la ponctualité des enseignants ; mais peu d’accès à l’information, pas de lettres d’autorisation et peu de réussites à Bukavu.
EfficienceL’appui arrive-t-il à temps et assez près des clubs ?Plutôt insatisfaisantFormation et appui gérés depuis Kinshasa ; aucune visite de projet dans les 27 clubs rencontrés depuis plus d’un an ; indemnités non versées ; un objectif de 140 écoles qui s’est révélé trop ambitieux.
ImpactQu’est-ce qui a changé pour les élèves, les écoles et les communautés ?Non notéUne étude ponctuelle ne peut pas mesurer le changement à long terme. Des signes positifs – confiance, compétences, suivi de la ponctualité – mais aucun suivi des résultats ni des anciens moniteurs.
DurabilitéLe suivi se poursuivra-t-il quand les élèves quittent le club ?Plutôt insatisfaisantPeu de mécanismes de suivi à long terme, aucun suivi des anciens moniteurs, des familles peu impliquées et des jeunes qui partent pour travailler, poursuivre leurs études ou se marier.

Échelle d’appréciation : satisfaisant, plutôt satisfaisant, plutôt insatisfaisant, insatisfaisant. Un critère n’est pas noté lorsque les données d’une étude ponctuelle ne suffisent pas pour en juger.

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Education Out Loud · Année zéro

Le projet et son contexte

Les Clubs d’Intégrité du CERC associent l’apprentissage de l’intégrité et sa pratique : les élèves suivent les services et les projets réalisés dans leurs communautés.

Le modèleLes Clubs d’Intégrité

Le CERC est une organisation congolaise indépendante qui lutte contre la corruption en formant les communautés à agir avec intégrité, à exiger de meilleurs services et à veiller à ce que les fonds publics ne soient pas gaspillés. Son éducation à l’intégrité dans les écoles repose sur une idée : le changement durable vient quand les jeunes sont encouragés tôt à agir avec intégrité et reçoivent les outils pour le faire.

Dans des écoles secondaires choisies, le CERC crée des Clubs d’Intégrité d’au moins 15 élèves et deux enseignants. Élèves et enseignants sont formés ensemble pendant deux jours ; le club se réunit ensuite toutes les deux semaines et, après trois mois, commence à suivre des projets et des services. Les élèves deviennent de jeunes bâtisseurs de l’intégrité, capables de repérer, de signaler et de suivre les problèmes de corruption. Faute d’accès à internet, ils collectent les données sur papier.

Des clubs d’intégrité existent dans de nombreux pays, pour promouvoir la citoyenneté active et la lutte contre la corruption. Ceux du CERC se distinguent parce que les élèves n’y apprennent pas seulement l’intégrité : ils la pratiquent en faisant du suivi.

Depuis 2017D’Uvira et Bukavu à Kinshasa

En octobre 2017, le CERC a entrepris de créer des Clubs d’Intégrité dans 55 écoles du Sud-Kivu. L’étude a eu lieu pendant que le CERC préparait Students Acting for Accountability and Quality of Education, qui allait étendre le modèle à Kinshasa avec l’appui du Partenariat mondial pour l’éducation à travers Education Out Loud.

La RDCUn contexte fragile

La République démocratique du Congo couvre 2,3 millions de km² et regorge de ressources naturelles, mais la plupart de ses habitants vivent dans la pauvreté. En 2020, elle était 175e sur 189 pays à l’indice de développement humain du PNUD et 170e sur 180 à l’indice de perception de la corruption de Transparency International. L’est du pays connaît des conflits violents depuis plus de vingt ans.

L’approche 4EPermettre, encourager, impliquer, montrer l’exemple

  • Permettre (Enable) – rendre l’action possible : lever les obstacles et donner les moyens d’agir – former les moniteurs, fournir les outils de suivi, créer des clusters éducatifs.
  • Encourager (Encourage) – donner des incitations et des contre-incitations, et montrer les bénéfices du changement : la bonne performance d’un entrepreneur est visible, les histoires de bons services sont diffusées, le suivi est reconnu socialement et rend les jeunes plus employables.
  • Impliquer (Engage) – associer tôt les membres des communautés, pour qu’ils comprennent ce qu’ils ont à faire et se sentent personnellement et collectivement responsables, par les médias communautaires et des événements.
  • Montrer l’exemple (Exemplify) – montrer une responsabilité partagée : les autorités intègrent le retour des bénéficiaires à leurs pratiques, les contrats tiennent compte des performances enregistrées dans EduCheck, et les Clubs d’Intégrité fonctionnent bien dans les écoles et les communautés.
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Objet, champ et questions d’évaluation

Les jeunes sont les acteurs clés du modèle : l’étude visait à comprendre ce qui les pousse à agir, pour que les programmes du CERC puissent l’encourager.

L’enquête Fix Score des Clubs d’Intégrité (2021) a montré que les élèves qui font du suivi ont besoin de sentir qu’ils contribuent à leur communauté, et que le suivi des projets est ce qui les pousse d’abord à s’engager. Le CERC a voulu comprendre plus en profondeur ce qui inspire les jeunes à devenir moniteurs, et comment les autres parties prenantes les aident à le devenir ou à le rester. Les résultats devaient être mis à l’épreuve dans les programmes que le CERC allait mener avec Education Out Loud.

ChampLe Sud-Kivu et Kinshasa, quatre groupes de jeunes

L’étude couvre le Sud-Kivu, où le CERC travaille avec les écoles secondaires depuis le plus longtemps, et Kinshasa. Elle porte sur quatre groupes : les membres des Clubs d’Intégrité ; les élèves du secondaire qui ne sont pas dans un club ; les étudiants ; et les jeunes qui ne sont ni au secondaire ni à l’université.

Questions de rechercheQuatre questions

  1. Qu’est-ce qui motive les jeunes à devenir moniteurs locaux, et qu’est-ce qui les retient ?
  2. Quelles incitations pourraient les maintenir dans le suivi de la réalisation des projets communautaires pendant trois ans ?
  3. Quelles sont les autres parties prenantes importantes pour soutenir le suivi par les jeunes ?
  4. Quelle forme de reconnaissance compte pour les jeunes ?

Matrice d’évaluationLes questions de recherche et les critères du CAD de l’OCDE

CritèreQuestions poséesCe que nous avons observéSources
PertinenceQu’est-ce qui motive les jeunes à devenir moniteurs ? Le suivi répond-il à leurs priorités et à celles de leurs écoles ?Motivations citées et classées par les participants ; adéquation avec les quatre groupes de jeunes étudiésAteliers (classement du World café), entretiens, littérature
CohérenceQuelles sont les autres parties prenantes qui soutiennent le suivi par les jeunes ? En quoi aident-elles ou freinent-elles ?Acteurs cités dans l’exercice de la toile d’araignée ; liens avec les écoles, les services, les autorités et les autres acteursAteliers (toile d’araignée), entretiens avec des informateurs clés
EfficacitéLes moniteurs parviennent-ils à suivre la qualité des services et des projets, et à faire résoudre les problèmes ?Compétences acquises ; accès à l’information ; exemples de réussites et de problèmes résolusAteliers (jeux de rôle sur les réussites et les obstacles), entretiens avec les enseignants
EfficienceL’appui du CERC – formations, visites, indemnités, documents – est-il suffisant et arrive-t-il à temps ?Fréquence et contenu des formations et des visites ; obstacles logistiques ; paiement des indemnitésAteliers, entretiens avec les enseignants, les chefs d’établissement et le personnel du CERC
ImpactQu’est-ce qui a changé pour les moniteurs, leurs écoles et leurs communautés ?Changements déclarés en matière de confiance, de compétences et de connaissance des droits ; mécanismes mis en placeAteliers, entretiens, fiches anonymes
DurabilitéQuelles incitations et quelle reconnaissance maintiendraient les jeunes dans le suivi pendant trois ans ?Incitations et reconnaissance appréciées ; soutien des familles et des communautés ; mécanismes à long terme ; suivi des anciens moniteursAteliers (frise de la motivation), entretiens
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Des participants lèvent la main lors de l’atelier de consultation des acteurs étatiques et non étatiques à Kinshasa, le 26 juillet 2021
Juin–juillet 2021

Méthodologie

Des méthodes qualitatives mixtes – ateliers participatifs, entretiens avec des informateurs clés et revue de la littérature – pour trianguler les résultats.

AteliersDes ateliers participatifs avec les jeunes

Des ateliers d’environ trois heures, avec 15 participants, ont été conçus pour faire participer les jeunes plutôt que de les faire écouter : jeux d’échauffement, jeux de rôle, mur de graffitis, toile d’araignée des personnes qui les influencent et World café où chacun classait les facteurs de motivation et de découragement avec dix gommettes. Une frise montrait à quels moments les moniteurs se sentaient le plus motivés, et une fiche anonyme permettait à chacun d’ajouter ce qu’il ne voulait pas dire à voix haute. Les groupes étaient mixtes.

Un format a été conçu pour les moniteurs et anciens moniteurs, un autre pour les non-moniteurs, avec une introduction à l’intégrité et au suivi. Après les ateliers du Sud-Kivu, le format pour les non-moniteurs a été simplifié, car il s’était révélé trop compliqué pour le temps disponible.

ÉchantillonLe plan

Groupes de jeunesUviraBukavuKinshasa
Membres des Clubs d’Intégrité1013–
Anciens membres des Clubs d’Intégrité22–
Élèves du secondaire qui ne sont pas membres d’un Club d’Intégrité––12
Étudiants à l’université112
Jeunes qui ne sont ni au secondaire ni à l’université112
Séances de groupe prévues (15 participants chacune)141716

ÉchantillonLes jeunes touchés

ProvinceAteliersGarçonsFillesJeunes
Sud-Kivu (Bukavu et Uvira)27 Clubs d’Intégrité184189373
Kinshasa12 écoles sans club8774161
Total39271263534

Les 39 ateliers prévus dans les écoles ont tous eu lieu : 27 avec des Clubs d’Intégrité à Bukavu et Uvira – 23 clubs actifs et 4 groupes d’anciens moniteurs – et 12 avec des non-moniteurs dans des écoles de Kinshasa sans club.

EntretiensLes informateurs clés

Les clubs ont besoin du soutien des autorités locales, des parents, de la direction des écoles et des gestionnaires des projets suivis. Le CERC a donc interrogé 89 enseignants et chefs d’établissement dans 24 écoles, et mené 16 entretiens avec des informateurs clés : moniteurs, enseignants, chefs d’établissement, parents et personnel des projets. Les outils ont été conçus et traduits en français par le personnel du CERC ; les données ont été collectées en français, et en lingala à Kinshasa.

LittératureUne revue après le terrain

La revue de la littérature a été faite volontairement après la collecte des données, pour que le CERC n’aille pas sur le terrain en s’attendant à des réponses précises : la recherche est exploratoire, elle n’est pas conçue pour tester des hypothèses. Les articles ont été trouvés avec Google Scholar sur la communication pour le changement de comportement des jeunes, les motivations et les obstacles à l’engagement civique des jeunes, et le développement communautaire des jeunes.

AnalyseTrois catégories

Des consultants indépendants ont analysé les données à la main selon trois catégories – facteurs de motivation, facteurs de découragement et levée des obstacles à l’action – en repérant les thèmes récurrents et en ajoutant les nouveaux thèmes au fur et à mesure. Les exercices de classement ont été regroupés en facteurs de motivation et de découragement.

LimitesCe que l’étude ne peut pas montrer

  • Une étude ponctuelle (transversale) ne dit rien de l’impact à long terme ni de la durabilité du suivi.
  • Les résultats valent pour des lieux au contexte similaire ; seuls 23 clubs étaient actifs au Sud-Kivu à ce moment-là, et seuls 4 groupes d’anciens moniteurs ont participé.
  • La logistique a limité la préparation à certains endroits et les suivis à Kinshasa ; des nuances ont pu se perdre dans la traduction depuis le lingala.
  • La plupart de la littérature vient de pays occidentaux ; les études menées dans des pays en développement portent surtout sur les comportements de santé.
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Motivations et obstacles

Les facteurs qui poussent les jeunes à faire du suivi, et ceux qui les retiennent, classés selon les 4E.

FacteurType4E
Volonté d’être un acteur du changementMotivationPermettre
Compensation financièreMotivationPermettre
Développement personnelMotivationPermettre
Informations positives sur d’autres groupes de suiviMotivationPermettre
Prestige et appartenance au clubMotivationImpliquer
Engagement des enseignants et des chefs d’établissementMotivationImpliquer
Autres acteurs (journalistes, groupes de jeunes, artistes)MotivationImpliquer
PeurObstacleEncourager
Découragement par les famillesObstacleEncourager
Indemnités non verséesObstacleEncourager
Absence de changementObstacleEncourager, Montrer l’exemple
Obstacles logistiquesObstaclePermettre
Formation et communication insuffisantesObstacleImpliquer
Manque de coopération des services et projets suivisObstacleImpliquer
Aucun mécanisme de suivi des anciens moniteursObstacleMontrer l’exemple

LittératureCe que montrent d’autres études

Les jeunes s’engagent dans l’action civique lorsqu’ils se sentent personnellement liés à une cause. Les incitations peuvent les motiver, mais ne sont pas la raison principale : l’appartenance à un groupe compte davantage, tout comme l’encouragement des amis et de la famille. Quand ils voient que leurs préoccupations sont partagées, ils passent à l’action collective. Ils apprécient les compétences acquises pour leur carrière et leurs études, et gagnent en confiance et en leadership.

Les obstacles sont le manque d’occasions – lié aux ressources des écoles et à l’exclusion de certains élèves – et le sentiment que les adultes ne les écouteront pas. Les adultes, les communautés et les écoles doivent créer un environnement encourageant, travailler en partenariat avec les jeunes et leur donner formation et outils.

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Critère 1 · Permettre

Pertinence

Les jeunes comprennent l’intégrité et veulent changer leurs communautés : le modèle répond à une vraie envie d’agir.

Acteurs du changementUne bonne compréhension de l’intégrité

Moniteurs et non-moniteurs ont donné de nombreux exemples d’actes avec ou sans intégrité, des disputes et de l’ivresse au vol, aux agressions sexuelles et aux meurtres – certains vus dans leurs communautés, d’autres appris par les médias. Tous les groupes ont cité la volonté d’être un acteur du changement comme motivation.

« C’est facile parce que j’ai envie de voir les choses changer, je suis libre et je n’ai pas peur. »

« J’aime faire des choses utiles à la communauté, et je vais acquérir de nouvelles connaissances. » – Un non-moniteur

Filles et garçons ont débattu de la gravité de certains problèmes. La grossesse hors mariage a été classée parmi les plus graves, à cause de ce qu’elle coûte à une jeune femme : quitter l’école, la discrimination et la stigmatisation.

Développement personnelApprendre en faisant

Dans un groupe de 15 nouveaux moniteurs, neuf ont cité les connaissances et compétences nouvelles comme première motivation. Des enseignants ont confirmé que le suivi permet aux élèves de mettre en pratique ce qu’ils apprennent au cours d’éducation civique – ce que recommande aussi la littérature.

InclusionPas encore pour tous

Le modèle touche moins bien les jeunes les plus pauvres : pour eux, le bénévolat est un travail qui doit être payé. Les élèves de dernière année abandonnent pour se consacrer aux examens, et les élèves vivant avec un handicap peuvent assister aux réunions à l’école mais pas aux visites de terrain – dans une école, un moniteur vivant avec un handicap ne peut pas participer quand le club va sur le terrain.

Appréciation : satisfaisant. Le modèle correspond à ce que veulent les jeunes ; il doit s’adapter à ceux qui font face aux plus grands obstacles.

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Critère 2 · Impliquer

Cohérence

Les enseignants sont les meilleurs alliés des clubs ; les services éducatifs, les autorités et les autres acteurs de l’intégrité sont à peine impliqués.

Les écolesEnseignants et chefs d’établissement

Quatorze groupes de moniteurs ont trouvé motivants les messages d’encouragement, de sensibilisation et de courage de leurs enseignants, et les chefs d’établissement qui acceptent les clubs ont une influence positive. Un moniteur a remercié un enseignant qui accompagne les moniteurs et un chef d’établissement qui leur permet d’organiser des activités. Comme le montre la littérature, le changement demande que jeunes et adultes travaillent ensemble.

Les services suivisPeu de coopération

Tous les moniteurs interrogés ont dit que le manque d’information et la réticence du personnel des projets à la partager rendaient le suivi difficile. Sans carte d’identification ni lettre d’autorisation, ils peinent à entrer ; les rendez-vous échouent parce que le personnel est absent, et ils se sentent dévalorisés. Les enseignants ont désigné les autorités locales et le personnel des projets comme les acteurs les plus décourageants pour les élèves.

Les autres acteursPas encore de liens

Les non-moniteurs connaissent d’autres acteurs de l’intégrité : journalistes, police, groupes de jeunes, églises, enseignants, militants des droits humains, artistes et poètes qui dénoncent le manque d’intégrité dans leurs chansons, leurs poèmes et leurs œuvres. Ils ont cité deux mouvements de jeunes nationaux, FILIMBI et LUCHA. Le CERC n’avait de lien avec aucun d’eux. Les jeunes voient aussi ces acteurs exposés au risque d’être arrêtés, tués ou récupérés par des politiciens, et certains voient la police elle-même impliquée dans la corruption.

Appréciation : plutôt insatisfaisant. Solide dans les écoles aux enseignants actifs ; faible avec les services suivis, les autorités et les autres acteurs.

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Des monitrices reçoivent leur certificat à la fin d’une formation de moniteurs, février 2019
Critère 3 · Permettre, encourager

Efficacité

Les élèves gagnent en compétences et en confiance, mais la peur et le manque d’accès à l’information limitent ce qu’ils peuvent obtenir.

RésultatsConfiance et droits

Dans les écoles aux enseignants référents actifs et aux chefs d’établissement favorables, les élèves participent aux activités des clubs, et ceux qui font du suivi ont gagné en confiance et en conscience de leurs droits civiques. Une partie du suivi est entrée dans la vie de l’école, comme les mécanismes qui vérifient que les enseignants arrivent à l’heure.

La peurLe principal obstacle

L’environnement politique est dangereux : les jeunes sentent qu’ils ne peuvent pas s’exprimer librement, et le suivi est vu comme risqué. Les étudiants surtout craignent d’être arrêtés, torturés ou tués ; les médias rapportent des arrestations et des enlèvements de membres de mouvements de jeunes qui exigent la redevabilité. Les garçons craignent davantage les agressions physiques et l’arrestation ; pour les filles, la menace est le harcèlement et l’agression sexuels. La pauvreté et l’analphabétisme rendent les jeunes plus vulnérables encore.

Pourtant, dans un groupe de 15 non-moniteurs à Bukavu, 14 étaient enthousiasmés par l’idée de faire du suivi. Les étudiants étaient moins enthousiastes et plus intimidés. Les garçons estimaient les filles moins exposées, parce qu’elles sont moins souvent arrêtées et torturées ; les filles ont répondu que les garçons profitent davantage de la corruption dans la société et sont moins susceptibles d’être des acteurs du changement.

Les fillesLe harcèlement sexuel

Des monitrices ont décrit du harcèlement sexuel pendant le suivi : du personnel de projet attendant des relations sexuelles en échange d’informations, et des moniteurs qui les harcèlent pendant les visites. Le format des ateliers et la sensibilité du sujet ont rendu difficile d’en savoir plus, mais un chef d’établissement l’a confirmé.

RésultatsTrop peu de réussites à montrer

Les deux groupes de moniteurs rencontrés à Bukavu n’ont pas pu citer d’exemple de réussite. Sans histoires de réussite et sans reconnaissance de la communauté, les moniteurs se découragent ; des membres de la communauté leur demandent : « Tu penses que tu vas changer ce pays ? »

« Tout le monde est impliqué dans la corruption ; il nous manque des modèles. » – Un non-moniteur à Bukavu

Appréciation : plutôt satisfaisant. De vrais acquis pour les élèves ; des résultats limités par la peur, l’accès à l’information et la reconnaissance.

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Critère 4 · Permettre, encourager

Efficience

Un appui trop loin des clubs, trop rare et trop mince : les petites choses qui manquaient ont beaucoup pesé sur les moniteurs.

L’appui du CERCFormations et visites

Les anciens moniteurs avaient reçu deux jours de formation sur la citoyenneté et l’intégrité, et on leur avait dit qu’ils avaient besoin d’un recyclage. Aucun moniteur ne s’estimait suffisamment formé : l’un avait reçu une seule séance sans suivi ; dans une autre école, un module a été distribué mais n’est jamais arrivé aux moniteurs. Un enseignant a recommandé trois jours de formation au lieu d’un, avec plus de modules et de documents.

Le coordonnateur de projet du CERC à Bukavu a été salué comme une figure influente qui encourageait les moniteurs à continuer. Mais le CERC n’avait pas de bureau actif à Bukavu – formations et appui étaient gérés depuis son siège à Kinshasa – ni de bureau à Uvira depuis la fin du projet SHINE. Bien que du personnel de projet ait été recruté, aucune des 27 écoles rencontrées à Bukavu et Uvira n’avait reçu de visite de projet depuis plus d’un an.

Le personnel du CERC a ses propres contraintes. L’objectif initial de 140 écoles s’est révélé très ambitieux ; les écoles qui exigeaient une lettre du ministère de l’Éducation ont obligé à travailler avec des écoles plus souples ; la gestion à distance des partenariats a laissé de longs intervalles entre les visites, si bien que le personnel des projets s’est senti abandonné et que les enseignants et les élèves se demandaient où était le CERC.

Les indemnitésL’argent qui n’est pas venu

Là où le CERC était absent, les moniteurs n’ont pas reçu leur compensation – un manque de respect pour leur engagement, ressenti le plus fortement dans les quartiers pauvres. Les moniteurs devaient payer leur propre transport, et certains ont suggéré de suivre d’abord leur propre école, ce qui ne coûte rien. Dans un groupe de 15 nouveaux moniteurs, six ont cité la compensation financière comme première motivation ; chez les anciens moniteurs de Bukavu, l’absence d’indemnités a été vivement ressentie.

LogistiquePetits obstacles, grands effets

Les moniteurs vont sur le terrain juste après l’école, sans avoir mangé et sans frais de transport ; la pluie empêche les visites, faute de vêtements adaptés. Ils n’ont ni carte d’identification, ni lettre d’autorisation, ni t-shirt pour montrer qui ils sont. Cela peut sembler peu de chose ; l’effet sur l’envie de faire du suivi est grand.

« Je n’aime pas aller faire le suivi juste après l’école, parce que nous venons à l’école sans avoir mangé. » – Un moniteur

Appréciation : plutôt insatisfaisant. L’appui était trop centralisé, trop rare et trop mince pour les besoins des clubs.

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Critère 5 · Montrer l’exemple

Impact

L’envie de voir le changement est forte, mais une étude ponctuelle ne peut pas le mesurer, et aucun système ne permet de le suivre.

Les signes sont positifs : les moniteurs ont acquis des connaissances, des compétences, de la confiance et la conscience de leurs droits ; les enseignants voient les élèves mettre en pratique leurs cours d’éducation civique ; certaines écoles contrôlent désormais la ponctualité des enseignants. Un moniteur actif depuis octobre 2017 a suivi un projet à deux reprises.

Mais la lenteur du changement est une raison majeure de l’abandon. Les élèves du secondaire perdent leur intérêt face à la résistance et à l’indifférence des autorités locales, des enseignants et des membres de la communauté ; pour beaucoup, les obstacles l’emportent sur la motivation.

Les enseignants n’ont pas pu dire si les anciens moniteurs font encore du suivi : aucun mécanisme ne permet de les suivre. D’anciens moniteurs ont pu partir et continuer le suivi ailleurs, mais on ne peut pas le savoir – et il en va de même pour les moniteurs communautaires.

Non noté. Les données d’une étude ponctuelle ne suffisent pas pour apprécier l’impact ; les signes positifs doivent être confirmés par un suivi des résultats dans le temps.

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Critère 6 · Encourager, impliquer, montrer l’exemple

Durabilité

Les familles, les communautés et des mécanismes à long terme maintiendront les jeunes dans le suivi – et ce sont aujourd’hui les maillons les plus faibles.

Les famillesDes parents qui découragent

Tous les jeunes venus aux ateliers ont dit que leurs parents n’étaient pas impliqués dans le suivi, et la plupart des parents le découragent activement : ils pensent qu’il nuit à la scolarité de leurs enfants, et on attend des filles qu’elles fassent les travaux ménagers. En dernière année, la pression des examens rend les parents moins favorables encore. Les camarades, eux aussi, s’interrogent sur le temps que les moniteurs y consacrent. Les parents qui ont assisté à une séance de sensibilisation sur les Clubs d’Intégrité soutiennent plus souvent leurs enfants – ce que constate aussi la littérature.

Les clubsUn élan qui s’essouffle

Les clubs se sont plaints d’une faible participation et de membres immatures et peu engagés, surtout avec le temps. Le faible engagement des pairs, des enseignants et des organisations partenaires explique cette perte d’élan, et la faible priorité donnée au suivi décourage les non-moniteurs.

Le long termeDes jeunes qui partent

Les jeunes partent pour trouver du travail, poursuivre leurs études et, pour les filles, se marier. Peu de moniteurs ont mis en place des mécanismes de suivi à long terme, et sans suivi des anciens moniteurs, le CERC ne peut pas savoir si le suivi continue après le club.

Appréciation : plutôt insatisfaisant. Sans le soutien des familles et des communautés, et sans mécanismes à long terme, le suivi dépend de chaque nouveau groupe d’élèves.

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Conclusions

L’envie d’agir est là. Pour en faire un suivi durable, le CERC doit lever les obstacles qui se dressent sur la route.

PermettreVolontaires, mais inquiets

Les jeunes veulent être des acteurs du changement dans leurs écoles et leurs communautés, et réduire la corruption, les meurtres et les vols. Le développement personnel les motive, et les enseignants voient les élèves mettre en pratique ce qu’ils apprennent en classe. La compensation financière motive fortement là où la pauvreté est grande, mais ces jeunes voient alors le suivi comme un travail plutôt que comme du bénévolat. La peur est le plus grand obstacle – d’être arrêtés, assassinés ou enlevés, renforcée par les nouvelles sur les mouvements de jeunes – et pèse le plus sur les plus âgés, comme les étudiants ; pour les filles s’y ajoute la peur du harcèlement et des abus sexuels, de la part des responsables de projets comme des autres moniteurs.

EncouragerLes enseignants soutiennent, le CERC doit faire plus

Les enseignants référents soutiennent les moniteurs à l’école, les accompagnent lors des visites et les encouragent. L’appui du CERC a été un facteur de démotivation : son bureau était loin des zones du programme, d’où peu de formations et peu d’appui aux moniteurs et aux enseignants référents. Cela rejoint les obstacles logistiques – le transport, le repas après l’école – de petits obstacles dont l’effet sur l’envie des élèves de faire du suivi est grand.

ImpliquerDes familles et des communautés à convaincre

Le suivi prend du temps, auquel élèves et familles tiennent beaucoup. Les familles le soutiennent peu, et de moins en moins à l’approche des dernières années. Peu d’activités de sensibilisation ont touché les familles et les communautés, mais les familles qui y ont assisté soutenaient plus souvent le suivi.

Montrer l’exempleDes mécanismes durables à construire

Malgré l’envie de changement, peu de moniteurs ont mis en place des mécanismes de suivi à long terme, et sans suivi des anciens moniteurs, le CERC ne peut savoir s’ils continuent, ni avec quel impact.

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Le personnel du CERC lors d’une formation sur la recherche de mise en œuvre au bureau du CERC à Kinshasa, août 2021

Leçons apprises

Ce que cette étude nous apprend – pour les Clubs d’Intégrité et pour tout projet où des jeunes suivent les services publics.

  1. Ce n’est pas la motivation qui manque. Les jeunes veulent changer leurs communautés ; les programmes doivent moins chercher à les convaincre et davantage lever ce qui les arrête.
  2. Les petits obstacles pèsent lourd. Un repas après l’école, le transport, des vêtements de pluie, un badge et une lettre d’autorisation décident si un moniteur va sur le terrain.
  3. L’appui doit être proche et régulier. La gestion à distance, les visites qui s’arrêtent et les indemnités non versées coûtent une confiance longue à rétablir ; un plan de travail pour le personnel des projets et des contacts réguliers font partie du modèle, ce ne sont pas des options.
  4. Les enseignants font le club. Les enseignants référents et les chefs d’établissement ont la plus forte influence sur les élèves : leur formation et leurs réseaux sont un investissement dans chaque club.
  5. Familles et communautés doivent être associées dès le départ. Les parents qui comprennent les clubs soutiennent leurs enfants ; les autres les découragent.
  6. La sécurité et le genre doivent être pensés dès la conception. Filles et garçons font face à des risques différents ; protection, analyse des risques et moyen de signaler le harcèlement doivent exister avant que les moniteurs aillent sur le terrain.
  7. Des résultats visibles font tenir les jeunes. Les histoires de réussite, la reconnaissance et les médias font du suivi quelque chose qui vaut la peine de continuer.
  8. L’argent est à double tranchant. Les indemnités motivent les jeunes les plus pauvres mais font du bénévolat un travail ; un suivi peu coûteux rend le modèle moins dépendant d’elles.
  9. Ce qui n’est pas suivi se perd. Sans suivi des résultats et des anciens moniteurs, ni l’impact ni la durabilité ne peuvent être démontrés ; les objectifs doivent aussi être réalistes – 140 écoles, c’était trop.
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Recommandations

Pour chaque obstacle ou atout constaté, ce que le CERC et ses partenaires devraient faire – en lien avec les critères d’évaluation et les 4E.

Obstacle ou atout constatéRecommandationCritère4E
Mauvaise communication au sein des groupes, élèves manquant de confiance, groupes immaturesPlus de séances de formation pour les élèves ; renforcer les capacités de formation des enseignants ; plus de visites d’appui des partenaires.EfficacitéPermettre, Encourager
Élèves manquant de temps, surtout avant les examensDonner des rôles et des titres différents aux membres plus jeunes et plus âgés, pour que les élèves occupés par leurs examens gardent un rôle ; former les élèves à la gestion du temps ; expliquer aux familles comment les soutenir au mieux.DurabilitéEncourager, Impliquer
Faible engagement des pairs et faible participation aux activités du clubInciter les élèves à participer aux programmes des Clubs d’Intégrité ; demander aux enseignants d’impliquer les élèves et de soutenir leurs pairs ; intégrer des séances sur l’intégrité dans les activités de l’école.EfficacitéImpliquer
Distance, pas de transport, pas de nourriture, pluieÉtudier les moyens de fournir le transport, ou travailler avec les autorités pour le faire ; étudier une indemnité de repas pour les élèves moniteurs ; fournir des vêtements de pluie.EfficiencePermettre, Encourager
Peu de soutien des parents, des membres de la communauté et des responsables politiques locaux ; peu de confiance dans le système ; changement lent ; croyances traditionnelles fortesOrganiser des rencontres individuelles avec les parties prenantes clés pour obtenir leur soutien ; avec elles, mener des campagnes de mobilisation communautaire touchant tous les membres de la communauté, y compris les plus éloignés – si possible avec d’autres organisations menant un travail similaire, pour mettre les ressources en commun.Cohérence, DurabilitéEncourager, Impliquer, Montrer l’exemple
Faible engagement et peu de visites de suivi du CERCMieux soutenir le personnel des projets et garder le contact par des appels réguliers de coordination et de suivi ; donner au personnel un plan de travail précisant l’appui à fournir ; élaborer un plan de durabilité à long terme qui favorise l’autonomie.Efficience, DurabilitéEncourager, Impliquer
Peur de faire le suivi ; aucune disposition pour la sécurité personnelleTravailler avec les acteurs locaux – police, autorités locales, chefs de village – pour garantir la sécurité des moniteurs ; former moniteurs, enseignants, chefs d’établissement et parents à la santé, à la sécurité et à l’analyse des risques ; veiller à ce que chacun connaisse les plans de secours et d’appui.EfficacitéPermettre, Encourager
Harcèlement sexuel des filles pendant le suiviMener une recherche complémentaire ; former tous les moniteurs et enseignants sur le harcèlement sexuel ; limiter les situations où les filles peuvent être harcelées, en les faisant travailler en groupe ; mettre en place un dispositif de signalement où les monitrices se sentent libres de signaler les incidents.Pertinence, EfficacitéPermettre, Encourager
Effets à long terme sur le suivi, y compris les départsRevoir le modèle de suivi de façon critique pour réduire le poids de certains obstacles – par exemple en privilégiant un suivi peu coûteux, pour que la compensation financière compte moins.DurabilitéMontrer l’exemple
Volonté d’être un acteur du changement ; engagement pour l’intégritéS’appuyer sur cet enthousiasme : encourager les moniteurs à partager leur expérience avec les non-moniteurs.PertinencePermettre
Davantage de reportages sur l’intégrité dans les médiasAider les médias à couvrir les questions d’intégrité et diffuser leurs reportages pour que les communautés y aient accès ; utiliser des exemples tirés des médias pour impliquer les jeunes, les membres de la communauté et les autorités dans le suivi.CohérenceImpliquer
Meilleures capacités de communication, de prise de parole et confiance des élèvesUtiliser ces compétences pour montrer aux parents, aux non-moniteurs et aux enseignants comment les Clubs d’Intégrité transforment les élèves ; organiser des ateliers pour les non-moniteurs, par exemple de prise de parole en public.ImpactPermettre, Encourager
Compensation financière des bénévoles communautairesEnvisager des mécanismes de compensation pour les bénévoles communautaires.EfficienceEncourager
Formation donnée aux moniteursOffrir aux moniteurs et aux enseignants des formations continues et variées, et de courtes séances complémentaires aux non-moniteurs pour éveiller leur intérêt pour le suivi.EfficacitéPermettre
Coopération des enseignants et des chefs d’établissementOrganiser des rencontres entre enseignants et chefs d’établissement pour partager leur expérience d’une école à l’autre, en particulier avec les écoles dont le personnel est peu actif.DurabilitéImpliquer, Montrer l’exemple
Informations positives sur d’autres groupes de suiviMettre les clubs en relation avec des groupes de jeunes plus établis et des groupes de suivi similaires, pour l’orientation, l’apprentissage et la motivation.CohérenceImpliquer
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Annexes

Les ateliers, les entretiens et les outils de l’étude, et la littérature consultée.

Annexe 1Les ateliers avec les jeunes

Bukavu, 14–24 juin 2021 (15 Clubs d’Intégrité) : Institut Mulindwa, Institut la Promesse, Institut de Kadutu, Institut Matimanyi, Institut la Pépinière, Institut Hodari, Institut de la Trinité, Institut Bahati, Institut Olimba, Institut Bora, Institut Azma, Institut Karibu, Complexe scolaire Oméga/la Merveille, Institut Ukarimu et Institut Shukrani.

Uvira, 7–15 juillet 2021 (12 Clubs d’Intégrité) : Institut Kitundu, Institut d’Uvira, Institut Bakhita, Institut Adidja, Complexe scolaire de l’Unité, Institut Kalundu, Institut Kalimabenge, Institut Guido Maria Conforti, Institut Hekima, Lycée Umoja, Institut Action Kusaidia et Institut Nuru.

Kinshasa, 25 juin – 7 juillet 2021 (12 écoles sans Club d’Intégrité) : Institut Lisalisi, Complexe scolaire les Élites, Institut Saint-Damien, Complexe scolaire Ilunga, Complexe scolaire Betsaël Josué, Complexe scolaire Bomoko, École chrétienne Gracia, Complexe scolaire Tuendelee, Groupe scolaire Diela, Collège évangélique le Palmier, Institut Botosi et Collège Angela.

Annexe 2Les entretiens avec les enseignants et les chefs d’établissement

Les enseignants et les chefs d’établissement (ou directeurs des études) de 24 écoles ont été interrogés entre le 16 juin et le 24 juillet 2021 : 89 personnes, 50 enseignants et 39 chefs d’établissement.

  • Bukavu (11 écoles) : la Pépinière, Hodari, la Trinité, Bahati, Olimba, Bora, Azma, Karibu, Oméga/la Merveille, Ukarimu, Shukrani ;
  • Uvira (9 écoles) : Action Kusaidia, Nuru, Hekima, Guido Maria Conforti, Bakhita, Adidja, l’Unité, Kalundu, Kalimabenge ;
  • Kinshasa (4 écoles) : les Élites, Saint-Damien, Ilunga, Betsaël Josué.

Annexe 3Le déroulement des ateliers

Moniteurs et anciens moniteurs (environ 3 h 15, 15 participants) : 1. connaissance et perceptions – comment feriez-vous connaître le rôle de moniteur, et que diriez-vous à un candidat de ses difficultés ? 2. motivation et appui – réussites et obstacles joués par deux groupes, puis discussion sur la façon de surmonter les difficultés ; 3. influence – une toile d’araignée des personnes liées à ce que les moniteurs aiment ou non ; 4. synthèse et classement – un World café des facteurs de motivation et de découragement, classés avec dix gommettes chacun, et une frise de la motivation ; une fiche anonyme tout au long de l’atelier.

Non-moniteurs (environ 3 h 20, 15 participants) : 1. une introduction à l’intégrité, aux Clubs d’Intégrité et au suivi par le personnel du projet, et des exemples d’actes sans intégrité, classés de 1 à 5 ; 2. les qualités d’un moniteur et les réactions au concept de suivi ; 3. la motivation – où se placent les participants entre « enthousiasmant » et « intimidant », et leurs réactions à des histoires d’obstacles ; 4. un World café et un classement, comme pour les moniteurs.

Annexe 4Les guides d’entretien

Des guides ont été rédigés pour les moniteurs et anciens moniteurs (activités, motivations, appui, formation, ce qui les ferait arrêter, ce qu’eux et la communauté y gagnent, conditions pour continuer) ; les enseignants et chefs d’établissement (ce que font les moniteurs, l’appui disponible, la formation, qui est un moniteur type) ; les membres de la direction des écoles et des comités de parents ; et les organisations partenaires et le personnel des projets suivis (ce qu’ils ont ressenti en étant suivis, ce qu’ils font quand un élève signale un problème, ce qu’ils changeraient).

RéférencesLa littérature consultée

  1. Ballard P. What Motivates Youth Civic Involvement? Journal of Adolescent Research. 2014;29(4):439–463.
  2. Brennan M, Barnett R. Bridging Community and Youth Development: Exploring Theory, Research and Application. Community Development. 2009;40:305–310.
  3. Checkoway B, Aldana A. Four forms of youth civic engagement for diverse democracy. Children and Youth Services Review. 2013;35:1894–1899.
  4. Harré N. Community Service or Activism as an Identity Project for Youth. Journal of Community Psychology. 2007;35(6):711–724.
  5. Makhoul J, Alameddine M, Afifi R. ‘I felt that I was benefiting someone’: youth as agents of change in a refugee community project. Health Education Research. 2012;27(5):914–926.
  6. Pearce N, Larson R. How Teens Become Engaged in Youth Development Programs: The Process of Motivational Change in a Civic Activism Organization. Applied Developmental Science. 2006;10(3):121–131.
  7. Perez W, Espinoza R, Ramos K, Coronado H, Cortes R. Civic Engagement Patterns of Undocumented Mexican Students. Journal of Hispanic Higher Education. 2010;9(3):245–265.
  8. Sherrod L, Flanagan C, Youniss J. Dimensions of Citizenship and Opportunities for Youth Development: The What, Why, When, Where, and Who of Citizenship Development. Applied Developmental Science. 2002;6(4):264–272.
  9. Transparency International. Indice de perception de la corruption 2020.
  10. Programme des Nations Unies pour le développement. Rapport sur le développement humain 2020.

Ce rapport d’apprentissage a été réalisé par et pour le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption. Les données ont été analysées par des consultants indépendants. Édition originale en anglais, février 2022.