Students Acting for Honesty, Integrity and Equality (SHINE) 2017–2020

Le premier projet du CERC : des Clubs d’Intégrité dans les écoles secondaires d’Uvira et de Bukavu, où des élèves formés au suivi communautaire ont fait réparer les classes, les toilettes et l’accès à l’eau de leurs écoles.

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SHINE en bref

Des élèves qui savent suivre les services de leur école, demander des comptes et faire résoudre les problèmes.

810

élèves formés dans 54 Clubs d’Intégrité du Sud-Kivu, 2017–2020

32 %

taux moyen de résolution des problèmes signalés par les élèves, 2017–2020

300

moniteurs formés la première année, dont 152 filles

132 620,62 USD

reçus d’Integrity Action, 2017–2020 ; chaque période auditée

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Le Club d’Intégrité de l’Institut Itara, à Luvungi, en 2018
Integrity Action · NORAD · Sida

Le projet

SHINE voulait promouvoir la transparence et la redevabilité sociale dans l’éducation en mobilisant les élèves pour suivre les services de leurs écoles secondaires.

Le projet Students Acting for Honesty, Integrity and Equality (SHINE) – « Élèves agissant pour l’honnêteté, l’intégrité et l’égalité » – a été le premier projet du CERC, créé en avril 2017. Il a été financé par NORAD et Sida à travers Integrity Action, qui a aussi apporté sa méthode de renforcement de l’intégrité communautaire, son guide des Clubs d’Intégrité et l’outil de suivi DevelopmentCheck. Les années du projet allaient d’octobre à septembre : la première année du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018, la deuxième du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2019, puis une troisième phase jusqu’à la fin de 2020.

ContexteDes écoles qui manquent de tout

En RDC, l’éducation gratuite est un droit constitutionnel, mais le système éducatif reste en grande partie financé par les parents. Les écoles manquent d’équipement, d’installations sanitaires, d’eau courante et de matériel pédagogique, et le personnel est sous-payé, souvent de façon irrégulière. Pour le CERC, ce manque de transparence et la mauvaise prestation des services tiennent d’abord au déficit d’une culture de l’intégrité.

ApprocheClubs d’Intégrité et suivi communautaire

SHINE combinait l’éducation à l’intégrité, dans des Clubs d’Intégrité à l’école, et le suivi communautaire sur le terrain avec les technologies de l’information. Formés à la lutte contre la corruption, à la citoyenneté, à la transparence et à la redevabilité, à l’inclusion et à l’égalité des sexes et au leadership, les élèves suivaient avec DevelopmentCheck les services de leur école – taille des classes, toilettes, eau, bibliothèque, présence et qualification des enseignants, budgets et dépenses – et des projets d’infrastructures de leur communauté, puis cherchaient des solutions avec les directions, les parents et les prestataires lors de réunions de groupes de travail conjoints.

Première annéeQuatre résultats attendus

  1. le CERC est capable d’intégrer des mesures de lutte contre la corruption dans le secteur de l’éducation, au bénéfice direct de 300 jeunes moniteurs ;
  2. 300 jeunes moniteurs de 14 à 19 ans, engagés et soutenus, sont des agents actifs d’un changement positif ;
  3. les écoles secondaires sont encouragées et soutenues pour intégrer les Clubs d’Intégrité et en assurer la durabilité ;
  4. un succès exemplaire attire un soutien plus large et une demande de mesures de lutte contre la corruption dans l’éducation.
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Une participante apprend à utiliser DevelopmentCheck, formation de formateurs à Sange, janvier 2018
Octobre 2017 – septembre 2018

Première année : les premiers clubs à Uvira

En décembre 2017, le CERC a lancé les Clubs d’Intégrité dans 20 écoles secondaires du territoire d’Uvira et formé leurs premiers formateurs.

Novembre–décembre 2017Formation et lancement

Du 27 novembre au 1er décembre 2017, cinq membres du personnel du CERC ont suivi à Dar es Salaam, en Tanzanie, la formation complète d’Integrity Action au renforcement de l’intégrité communautaire ; ils y ont testé la nouvelle version de DevelopmentCheck. Le vendredi 8 décembre 2017, le CERC a lancé les activités des Clubs d’Intégrité dans 20 écoles secondaires du territoire d’Uvira.

Deux formations de formateurs de quatre jours ont suivi, du 20 au 23 décembre 2017 dans la cité d’Uvira et du 2 au 5 janvier 2018 dans la plaine de la Ruzizi : 20 chefs d’établissement, 40 enseignants et 60 responsables de clubs formés, pour chaque école deux enseignants, le chef d’établissement et trois responsables du club.

Février–septembre 2018300 moniteurs suivent leurs écoles

300 élèves – 152 filles et 148 garçons – ont été formés comme moniteurs communautaires. Dès février 2018, ils ont suivi les infrastructures et les services éducatifs de 20 écoles secondaires d’Uvira, Kiliba, Sange, Luberizi, Bwegera et Luvungi, d’une valeur de plus d’un million de dollars : 20 services et 21 projets d’infrastructures. Les clubs ont reçu de petites subventions pour leurs activités de suivi et de plaidoyer, et un magazine radio hebdomadaire, « Les bâtisseurs de l’intégrité », en swahili et en français sur deux radios communautaires, a relayé leurs débats. À Bukavu, un atelier d’échange sur l’intégrité a réuni 13 personnes de 6 organisations locales et 2 représentants du ministère de l’Éducation.

Étude de cas« Le Club d’Intégrité m’a sauvé la vie »

À l’Institut Itara, à Luvungi, les moniteurs ont constaté que des élèves s’asseyaient à trois ou quatre par banc, 70 à 90 dans une classe prévue pour 50, que la pluie tombait sur eux et qu’il n’y avait que trois toilettes pour 590 élèves. Après leurs réunions avec la direction et les parties prenantes, de nouvelles salles de classe ont été construites en 2018 et un bloc de huit latrines, avec des toilettes séparées pour les filles et les garçons, a été mis en chantier.

« Le Club d’Intégrité m’a sauvé la vie. »

Yvette Rosalive Meucca, responsable d’un Club d’Intégrité

En 2018, selon le rapport annuel du CERC, 1 780 élèves d’Uvira ont pu étudier dans des conditions plus sûres grâce au suivi et au plaidoyer des clubs.

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Des élèves des Clubs d’Intégrité avec leurs pancartes, Journée internationale de lutte contre la corruption, Uvira, décembre 2018
Uvira et Bukavu

2018–2020 : de 20 à 54 Clubs d’Intégrité

Les clubs se sont étendus de la plaine de la Ruzizi à Bukavu, et les élèves ont porté leurs demandes jusqu’au gouvernement provincial.

2018–2019Des clubs à Uvira et à Bukavu

En 2018, 15 nouveaux clubs se sont ajoutés aux 20 premiers à Uvira. Les 8 et 9 décembre 2018, pour la Journée internationale de lutte contre la corruption, le CERC a mobilisé 35 écoles secondaires d’Uvira autour du thème « Unis contre la corruption pour le développement, la paix et la sécurité ». En 2019, selon le rapport annuel, 55 Clubs d’Intégrité étaient en activité dans des écoles secondaires d’Uvira et de Bukavu, et le CERC comptait un réseau de 1 000 jeunes.

En janvier et février 2019, les facilitateurs scolaires – des éducateurs désignés par les chefs d’établissement pour guider les clubs – ont été formés au cadre juridique de la lutte contre la corruption. Les clubs ont multiplié les débats, sketchs, peintures et courts métrages ; à l’Institut Guido Maria Conforti, leurs membres ont réalisé une peinture contre la corruption à l’école. Des moniteurs parcouraient chaque mois près de 5 km entre Luberizi et Tengetenge pour suivre la réhabilitation d’un canal d’irrigation.

Décembre 2019 – 2020Jusqu’au gouvernement provincial

En décembre 2019, 100 membres des clubs ont marché contre la corruption au niveau provincial et remis aux autorités un mémorandum demandant leur intervention contre la corruption dans l’éducation et la réhabilitation et l’équipement des écoles. En 2020, les responsables de l’éducation du Sud-Kivu ont accepté le déploiement des Clubs d’Intégrité dans toute la région.

« Grâce aux réunions du groupe de travail conjoint organisées dans notre lycée, l’ensemble du processus est devenu plus clair et plus transparent. »

Kahindo Ndjungu, chef d’établissement de l’ITIP Uvira

Bilan 2017–2020810 élèves, 54 clubs, 32 % de problèmes résolus

Entre 2017 et 2020, le CERC a formé 810 élèves dans 54 Clubs d’Intégrité du Sud-Kivu. Avec DevelopmentCheck, ils ont suivi 54 projets d’infrastructures et services de leurs communautés et obtenu un taux moyen de résolution de 32 % des cas où la corruption avait causé des problèmes. Plus de 40 % des moniteurs formés étaient des filles. Des classes ont été construites, des installations réhabilitées, des toilettes construites, des bancs réparés et des tuiles remplacées ; en 2020, 13 écoles suivies disposaient d’eau dans leurs toilettes.

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Octobre 2018

L’évaluation interne de la première année

En octobre 2018, le CERC a évalué la première année du projet : pertinent, efficace et efficient, avec une gestion « professionnelle et transparente », mais à une échelle encore trop petite.

L’évaluation interne a été conduite par Douce Kanyeba Songolo, chargée du suivi, de l’évaluation et de l’apprentissage, et Heri Bitamala, alors chargé du programme, selon des critères d’évaluation de la Banque mondiale adaptés : pertinence, efficacité, efficience, impact et durabilité. Elle s’appuie sur les documents du projet, sur une mission de terrain du 15 septembre au 4 octobre 2018 auprès des élèves, enseignants, chefs d’établissement, membres des communautés et prestataires, et sur une enquête auprès des membres des clubs au début et à la fin de l’année.

RésultatsLes objectifs de la première année atteints

IndicateurCibleRésultat
Jeunes moniteurs de 15 à 19 ans300300, dont 152 filles
Jeunes encore actifs dans les clubs en fin d’année300277
Filles parmi les membres des clubs50 %52 %
Filles parmi les responsables des clubs30 %48 %
Membres issus de groupes à risque d’exclusion15 %4,6 %
Clubs d’Intégrité2020, dont 19 actifs
Jeunes sensibilisés par les clubs2 0001 623
Impact mesuré par le Fix Score15 %43 %

ImpactDes élèves qui refusent la corruption

Entre le début et la fin de l’année, les réponses des membres des clubs ont nettement changé :

  • ceux qui signaleraient une suspicion de corruption aux autorités sont passés de 41 % à 93 % ;
  • ceux qui seraient prêts à offrir un cadeau à un enseignant pour améliorer leurs notes sont passés de 64 % à 11 % ;
  • ceux qui définissent correctement l’intégrité, de 51 % à 94 % ; ceux qui savent comment suivre un projet ou un service public, de 55 % à 93 % ;
  • ceux qui pensent que « les gens comme moi peuvent faire la différence en combattant la corruption », de 59 % à 94 % ;
  • ceux qui sont tout à fait d’accord pour que les femmes et les hommes aient les mêmes chances au travail, de 28 % à 52 %.

Les formations données aux enseignants et aux responsables des clubs ont eu un effet multiplicateur : ils ont à leur tour formé 240 autres membres des clubs et plus de 1 600 élèves d’autres écoles.

ConstatsForces et faiblesses

Le projet était « incontestablement pertinent », il a atteint l’essentiel des résultats prévus en restant dans le budget convenu avec Integrity Action, et « la gestion du projet était professionnelle et transparente ». L’évaluation relève aussi des faiblesses : des formations de qualité qui n’ont pas pu être répétées, faute de moyens ; une échelle encore petite – 20 écoles sur les 303 écoles secondaires du territoire d’Uvira ; la cible d’inclusion des jeunes à risque d’exclusion non atteinte ; des compétences encore faibles dans l’usage de DevelopmentCheck (41 % des membres seulement s’en disaient capables en fin d’année) ; et l’absence d’une stratégie de sortie explicite dans les écoles partenaires.

RecommandationsBâtir sur les acquis

  1. Développer un nouveau projet qui s’appuie sur les acquis de SHINE, qui n’a fait qu’entamer la réduction de la corruption au niveau local ;
  2. renforcer les collaborations et les synergies avec d’autres ONG, notamment pour la formation.
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Chaque période auditée par Group BEAG

Fonds reçus et dépenses

Le CERC a reçu d’Integrity Action 93 925 930 CDF pour la première année, 73 202 400 CDF pour la deuxième et 31 320,20 USD pour la troisième phase. Les comptes des deux premières années étaient tenus en francs congolais ; ils sont convertis en dollars au taux moyen de la Banque Centrale du Congo de l’année sur laquelle porte l’essentiel de chaque période (1 622,52 CDF par dollar en 2018, 1 647,76 en 2019), comme sur la page de notre redevabilité financière. Le CERC n’a pas apporté de contribution propre.

PériodeReçuReçu
USD
Dépensé
USD
Année 1 · oct. 2017 – sept. 201893 925 930 CDF57 888,9256 272,27
Année 2 · oct. 2018 – sept. 201973 202 400 CDF44 425,4044 786,65
Phase 3 · oct. 2019 – déc. 202031 320,20 USD30 306,3027 798,84
Total 2017–2020132 620,62128 857,76

Phase 3 : 31 320,20 USD reçus selon l’audit 2020, dont 1 013,90 USD (au taux de 2 000 CDF par dollar de l’audit) correspondent au solde de la deuxième année déjà compté. Solde à la fin de 2020 : 3 521,36 USD, dû à Integrity Action ; avec l’écart de change de 241,50 USD, il explique la différence entre les fonds reçus et dépensés (en francs, les soldes s’enchaînent exactement). Les fonds d’octobre à décembre 2019 se situent entre deux audits.

Année 191 302 880 CDF dépensés, 89,1 % du budget

Le budget de 102 481 500 CDF a été reçu à 91,65 %. Les dépenses ont porté sur le personnel (32 520 000 CDF), les activités du programme – formations, clubs et suivi, sensibilisation et plaidoyer (39 991 100 CDF) –, le loyer, le fonctionnement et l’équipement (6 196 080 CDF), les honoraires (3 138 200 CDF) et les frais généraux (9 457 500 CDF). L’atelier prévu à Kinshasa avec les organisations de la société civile s’est tenu à Bukavu, la campagne de décembre 2017 n’a pas eu lieu et les clubs n’ont été soutenus que huit mois sur douze. Solde au 30 septembre 2018 : 2 623 050 CDF.

Année 273 797 647 CDF dépensés, 97,9 % du budget

Avec le solde de la première année, le projet disposait de 75 825 450 CDF. La cérémonie de reconnaissance des clubs a été reportée à décembre 2019, faute de pouvoir mobiliser les élèves pendant les grandes vacances. Solde au 30 septembre 2019 : 2 027 803 CDF.

Phase 327 798,84 USD dépensés en 2020

En 2020, le CERC a dépensé 27 798,84 USD : salaires (15 605,58), travail avec les écoles (4 799,45), formation (1 203,05), clubs et suivi (826,60), plaidoyer (953,44), honoraires (45,15), communication, impression et fournitures (2 227,52) et frais généraux (2 138,05). Au 31 décembre 2020, le solde de 3 521,36 USD figure dans l’audit comme une dette envers Integrity Action.

AuditsOpinions sans réserve

Les comptes ont été audités par Group BEAG (Uvira), rapports signés par Armand Aluma, expert-comptable agréé, pour la première année (29 octobre 2018), la deuxième année (14 octobre 2019) et les comptes de 2020 : chaque fois, une opinion sans réserve. Les auditeurs ont recommandé des contrôles de caisse inopinés, un meilleur inventaire, le respect des procédures d’achat et le paiement des impôts et cotisations sociales sur les salaires ; le CERC a commencé à les payer pendant la deuxième année, et une partie des recommandations restait à mettre en œuvre en 2019.

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Nos partenaires

Le CERC remercie Integrity Action, NORAD et Sida, les chefs d’établissement, enseignants, facilitateurs et parents des écoles partenaires d’Uvira et de Bukavu, les autorités éducatives du Sud-Kivu, les radios communautaires qui ont relayé les débats des clubs, et surtout les élèves des Clubs d’Intégrité.

Integrity ActionProvince du Sud-Kivu