ArticleVers une loi pour enseigner l’intégrité dans toutes les écoles du pays2023-2024Histoires d’impact2021Par CERC
CERC fait entrer ses propositions dans la stratégie nationale contre la corruption
En octobre 2021, le ministère de la Justice a invité CERC comme expert aux États généraux de lutte contre la corruption. Ses trois propositions – renforcer l’intégrité publique, utiliser la technologie pour la transparence et enseigner l’intégrité à l’école – ont été intégrées à la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
La corruption coûte à la RDC plus de 15 milliards de dollars par an, selon l’estimation des États généraux de lutte contre la corruption, et le pays a obtenu 18 sur 100 à l’Indice de perception de la corruption 2020 de Transparency International. Fin 2021, le gouvernement a invité la société civile à poser le diagnostic et à construire une nouvelle stratégie nationale. CERC y a apporté ce que les élèves et les citoyens congolais avaient appris sur le terrain.
Cinq jours pour diagnostiquer la corruption
Du 19 au 23 octobre 2021, le ministère de la Justice a tenu les États généraux de lutte contre la corruption, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), dans le cadre du projet d’Appui à la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.
Ces assises visaient à diagnostiquer les causes profondes et l’état de la corruption dans le pays, à créer un consensus sur les actions prioritaires et les réformes nécessaires pour la réduire durablement, et à définir la mise en œuvre et le suivi de leurs recommandations.
Trois propositions venues du terrain
Invité comme expert, CERC est intervenu sur la prévention de la corruption. Sa première proposition : renforcer l’intégrité publique en donnant aux citoyens un rôle dans le contrôle des services publics. Ses preuves venaient des Clubs d’Intégrité, où 810 élèves de 54 clubs ont fait résoudre en moyenne 32 % des problèmes qu’ils avaient signalés.
La deuxième : utiliser la technologie pour la transparence et la redevabilité dans les services publics, pour que les signalements des citoyens parviennent aux responsables qui peuvent agir, et que chacun puisse voir si les problèmes sont résolus.
La troisième : introduire un cours d’éducation à l’intégrité à l’école, pour que chaque jeune Congolais comprenne comment fonctionne la corruption et comment y résister.
CERC a aussi échangé avec les responsables gouvernementaux sur la transparence de l’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption et la place de la société civile – un examen pour lequel il rédigeait le rapport de la société civile.
Dans la stratégie nationale
Les propositions de CERC ont été jugées pertinentes et intégrées à la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Quelques semaines plus tard, du 29 novembre au 3 décembre 2021, CERC a participé à l’atelier de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) pour élaborer et valider la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption. L’APLC l’a construite avec des experts étatiques et non étatiques, à partir de la stratégie de 2010 et des recommandations des États généraux.
Le 9 décembre 2021, Journée internationale de lutte contre la corruption, CERC a appelé chaque Congolais à jouer son rôle.
De la stratégie à la loi
CERC a continué à faire vivre ses propositions. Les Clubs d’Intégrité ont atteint 150 écoles secondaires du Sud-Kivu et de Kinshasa et, en avril 2024, avec le Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC RDC), CERC a porté à l’Assemblée nationale deux propositions de loi sur les Clubs d’Intégrité et l’éducation à l’intégrité.
Le 28 septembre 2026, l’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de loi du gouvernement sur la lutte contre la corruption, qui donnerait au pays sa première loi spécifique contre la corruption – une absence dont le rapport de la société civile de CERC avait montré qu’elle freine la lutte contre la corruption. CERC demande aux parlementaires d’en garder les garanties essentielles, dont la protection des lanceurs d’alerte et le recouvrement des avoirs.
À propos de CERC
Le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption (CERC) est une organisation non gouvernementale congolaise fondée en avril 2017 au Sud-Kivu. Avec les jeunes au cœur de son action, CERC travaille avec les écoles, les communautés, les institutions publiques et ses partenaires pour promouvoir la transparence, la redevabilité et l’intégrité en République démocratique du Congo. Il dispose du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) depuis 2021. Pour en savoir plus : Qui sommes-nous.
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