ArticleVers une loi pour enseigner l’intégrité dans toutes les écoles du pays2023-2024Histoires d’impact2018-2023Par CERC
Les autorités éducatives adoptent les Clubs d’Intégrité pour toutes leurs écoles du Sud-Kivu
Le 28 juillet 2022 à Bukavu, le ministère de l’Éducation, à travers la Direction provinciale de l’enseignement du Sud-Kivu 1, a signé avec CERC un protocole d’accord pour installer des Clubs d’Intégrité dans toutes les écoles secondaires du Sud-Kivu – l’aboutissement de quatre années de dialogue avec les autorités éducatives.

Pour que les Clubs d’Intégrité durent, il ne suffisait pas qu’ils fonctionnent bien dans quelques écoles : les autorités éducatives devaient se les approprier. Voici comment CERC a travaillé avec elles, d’une première rencontre au ministère provincial en 2018 à un protocole d’accord en juillet 2022.
Les écoles d’abord
Avant le lancement des premiers Clubs d’Intégrité dans 20 écoles secondaires du territoire d’Uvira, le 8 décembre 2017, CERC a signé des protocoles d’accord avec ses écoles partenaires dans le cadre du projet « Élèves agissant pour l’honnêteté, l’intégrité et l’égalité » (SHINE), financé par la NORAD et l’Asdi à travers Integrity Action.
Associer les autorités provinciales
Le 15 février 2018, CERC a tenu une séance de travail au ministère provincial de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports du Sud-Kivu, où le ministre provincial, Isaac Buchekabiri, a reçu sa délégation. L’enjeu était de taille : dans l’enquête menée par CERC en mai 2017 auprès de 980 ménages du Sud-Kivu, 48,5 % des personnes interrogées jugeaient le ministère provincial de l’Éducation corrompu. Le message de CERC était simple : les problèmes signalés par les élèves doivent parvenir à quelqu’un qui peut agir. Le dialogue s’est poursuivi, notamment lors d’une réunion tripartite à Bukavu entre CERC, le ministère provincial de l’Éducation et la Direction provinciale de l’enseignement.
Écouter avant de proposer
En 2021, en préparant le projet financé par le Partenariat mondial pour l’éducation, CERC a consulté des élèves, des enseignants, des parents, la société civile et 12 hauts responsables de l’éducation. Avec ces responsables, les échanges ont porté sur l’installation de Clubs d’Intégrité dans toutes les écoles secondaires et sur l’intégration du manuel d’éducation à l’intégrité dans le programme national. La même année, des études menées avec 54 hauts responsables du ministère de l’Éducation et 19 experts de la lutte contre la corruption ont produit une stratégie de référence pour le secteur.
96 participants, un engagement
En 2022, CERC a réuni 96 participants à Bukavu et à Kinshasa : hauts responsables de l’éducation, 3 parlementaires, journalistes, représentants des syndicats d’enseignants et des associations de parents, promoteurs d’écoles et experts.
Le 28 juillet 2022, à l’hôtel Horizon de Bukavu, un atelier de consultation de 41 participants – représentants du ministère de l’Éducation, des associations de parents, des syndicats d’enseignants, experts de l’éducation et ONG – a examiné les politiques, programmes et curricula de CERC sur la transparence, l’intégrité et la lutte contre la corruption dans les écoles secondaires. À l’issue de l’atelier, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, à travers la Direction provinciale de l’enseignement du Sud-Kivu 1, et CERC ont signé un protocole d’accord pour intégrer les Clubs d’Intégrité dans toutes les écoles secondaires du Sud-Kivu.
Ce qui a changé
C’était une étape décisive : les Clubs d’Intégrité n’étaient plus seulement un projet mené par une ONG, mais un mécanisme reconnu par l’administration scolaire, dans lequel les élèves deviennent des acteurs à part entière de l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la lutte contre la corruption dans leurs écoles.
En septembre 2022, à l’issue de la formation de 138 chefs d’établissement et de 278 enseignants, des protocoles d’accord ont été signés entre CERC et les chefs de ses 150 écoles partenaires – 90 à Bukavu et 60 à Kinshasa –, ouvrant la voie à 150 Clubs d’Intégrité et au cours d’éducation à l’intégrité pour 2 250 élèves.
Au-delà du Sud-Kivu
En mars 2023, un protocole provincial pour Kinshasa et un protocole national étaient en cours de négociation. Plus de 50 responsables de l’éducation – dont le secrétaire général à l’Éducation, les ministères et directions provinciales de l’éducation, les sous-directions provinciales, les coordinations des écoles confessionnelles, l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) et l’Observatoire de surveillance de la corruption et de l’éthique professionnelle (OSCEP) –, des organisations de la société civile comme la CONEPT et 10 parlementaires ont pris part aux consultations et exprimé un large soutien. En 2023, deux nouveaux ateliers à Kinshasa et à Bukavu ont réuni 97 décideurs.
Pour que l’engagement vaille pour toutes les écoles du pays, CERC s’est ensuite tourné vers la loi : avec l’APNAC RDC, il a rédigé deux propositions de loi sur les Clubs d’Intégrité et l’éducation à l’intégrité, portées devant l’Assemblée nationale en avril 2024.
Un accord pour quatre provinces, annulé
L’étape suivante devait être plus grande encore. Le projet Students Acting for Social Accountability (SASA), validé par Development Innovation Ventures, de l’USAID, en 2024, devait porter les Clubs d’Intégrité et EduCheck dans toutes les écoles secondaires de quatre provinces, dont le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et Kinshasa, dans le cadre d’un nouvel accord avec le ministère de l’Éducation. L’USAID a été fermée en 2025 et tout engagement a été annulé.
À propos de CERC
Le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption (CERC) est une organisation non gouvernementale congolaise fondée en avril 2017 au Sud-Kivu. Avec les jeunes au cœur de son action, CERC travaille avec les écoles, les communautés, les institutions publiques et ses partenaires pour promouvoir la transparence, la redevabilité et l’intégrité en République démocratique du Congo. Il dispose du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) depuis 2021. Pour en savoir plus : Qui sommes-nous.
Sur le même thème
ArticleVers une loi pour enseigner l’intégrité dans toutes les écoles du pays2023-2024
ArticleMieux comprendre les jeunes pour mieux lutter contre la corruption à l’école2021
ArticleÀ Kinshasa, 9 organisations de jeunes transforment leur recherche en emplois pour les jeunes marginalisés2021-2023
ArticleSud-Kivu et Kinshasa : grâce au plaidoyer des élèves formés par CERC, 150 écoles réparent leurs infrastructures2021-2025