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Histoires d’impact2017-2026Par CERC

Les Clubs d’Intégrité : un modèle lancé pour la première fois par CERC à Uvira pour transformer l’école congolaise

Tout a commencé en décembre 2017 dans 20 écoles secondaires d’Uvira. Les Clubs d’Intégrité sont devenus 204, ont attiré un nouveau bailleur, sont entrés dans le système scolaire, ont inspiré deux propositions de loi et servi de modèle aux applications de suivi citoyen de CERC.

Des membres d’un Club d’Intégrité en séance d’apprentissage à Bukavu, 2017. Photo : CERC
Des membres d’un Club d’Intégrité en séance d’apprentissage à Bukavu, 2017. Photo : CERC

Tout a commencé dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Fondé en avril 2017 pour chercher comment les communautés peuvent obtenir de meilleurs services grâce à l’intégrité, CERC a très vite fait confiance aux élèves.

Le 8 décembre 2017, dans le cadre du projet « Élèves agissant pour l’honnêteté, l’intégrité et l’égalité » (SHINE), financé par la NORAD et l’Asdi à travers Integrity Action, CERC a lancé les Clubs d’Intégrité dans 20 écoles secondaires du territoire d’Uvira. Objectif : initier les élèves à la démocratie et à la bonne gouvernance, à l’esprit d’initiative, au sens des responsabilités et à la cogestion des biens publics, et former 300 élèves comme moniteurs communautaires de l’intégrité.

Un premier réseau de formateurs

Pour préparer ce lancement, cinq membres de l’équipe de CERC sont devenus formateurs certifiés en renforcement de l’intégrité au sein des communautés à Dar es Salaam, en Tanzanie, du 27 novembre au 1er décembre 2017, où ils ont testé la nouvelle version de DevelopmentCheck. CERC a ensuite formé comme formateurs 20 chefs d’établissement, 40 enseignants et 60 responsables de Clubs d’Intégrité : à Uvira du 20 au 23 décembre 2017, puis dans la plaine de la Ruzizi du 2 au 5 janvier 2018.

Des élèves qui font résoudre les problèmes

Avec l’application DevelopmentCheck, les élèves, les parents et la communauté ont obtenu des informations clés sur leurs écoles – eau et toilettes, bibliothèques, nombre d’élèves par classe, qualification des enseignants, budgets et dépenses – et ont porté les problèmes devant les conseils de gestion. Entre 2017 et 2020, 810 élèves de 54 Clubs d’Intégrité d’Uvira et de Bukavu ont été formés et ont contribué à résoudre en moyenne 32 % des problèmes qu’ils avaient signalés. À l’Institut Itara, où 590 élèves se partageaient trois toilettes, leur dialogue avec la direction a permis de réparer les pupitres, de construire trois nouvelles salles de classe et d’engager un bloc de huit latrines, avec des toilettes séparées pour les filles.

Apprendre de ce qui marche

En 2021, CERC a étudié son propre modèle : une étude connaissances, attitudes et pratiques auprès de 534 élèves et de 89 enseignants, chefs d’établissement et responsables de l’éducation a montré ce qui motive les élèves moniteurs et ce qui les freine – et a conduit à un accompagnement plus régulier des clubs et à une plus forte implication des familles et des autorités locales.

Un nouveau bailleur, une nouvelle province

Après avoir fait ses preuves au Sud-Kivu, le modèle était prêt à changer d’échelle. En 2021, CERC a obtenu un financement du Partenariat mondial pour l’éducation, à travers Education Out Loud et Oxfam IBIS – 361 361 dollars américains en 2022 et 68 816 en 2023 – pour le projet « Élèves agissant pour la redevabilité et la qualité de l’éducation » à Kinshasa et au Sud-Kivu.

Les résultats ont suivi : 204 Clubs d’Intégrité réunissant 2 250 élèves de 14 à 19 ans dans 150 écoles, 138 chefs d’établissement et 278 enseignants formés, des élèves qui signalent les problèmes de leurs écoles avec l’application EduCheck, lancée en mars 2022 – et 33 % des problèmes identifiés résolus grâce à leur plaidoyer.

D’un projet au système scolaire

Pour que les clubs durent, les autorités éducatives devaient se les approprier. Après des consultations avec plus de 600 acteurs de l’éducation en 2021, et avec 96 hauts responsables, parlementaires et experts en 2022, CERC a signé un protocole d’accord avec la Direction provinciale de l’enseignement du Sud-Kivu 1 : des Clubs d’Intégrité doivent être installés dans toutes les écoles secondaires.

Des Clubs d’Intégrité à deux propositions de loi

L’étape suivante était la loi. En 2023, CERC et le Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC RDC) ont rédigé deux propositions de loi : l’une institue les Clubs d’Intégrité, l’autre introduit un cours d’éducation à l’intégrité dans tous les établissements secondaires du pays. Les députés membres de l’APNAC RDC ont approuvé l’initiative la même année et, en avril 2024, CERC et l’APNAC RDC ont porté la proposition de loi devant l’Assemblée nationale.

Une extension qui n’a pas eu lieu

En 2023, Development Innovation Ventures, de l’USAID, a invité CERC à soumettre une proposition d’extension. Validé en 2024, après la vérification préalable et la signature du contrat, le projet Students Acting for Social Accountability (SASA) – 6,5 millions USD pour 2025-2027 – devait porter les Clubs d’Intégrité et EduCheck dans toutes les écoles secondaires de quatre provinces, dont le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et Kinshasa, dans le cadre d’un nouvel accord avec le ministère de l’Éducation. Malheureusement, ce rêve ne s’est pas réalisé : l’USAID a été fermée en 2025 et tout engagement a été annulé.

Un modèle pour HealthCheck et GovCheck

La méthode des Clubs d’Intégrité – les usagers d’un service public le suivent, signalent ce qui ne va pas et travaillent avec les responsables jusqu’à ce que le problème soit résolu – est aujourd’hui au cœur de tout le suivi citoyen de CERC. Après EduCheck pour les écoles sont venues GovCheck, développée en 2023 pour que les citoyens documentent et signalent les irrégularités dans les projets d’infrastructure, et HealthCheck pour les centres de santé, aux côtés d’UNCAC Tracker pour les engagements de la RDC au titre de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Toutes suivent les mêmes principes : les signalements sont vérifiés avant publication, les personnes qui signalent ne sont jamais nommées, et un problème n’est compté comme résolu qu’une fois vérifié sur place.

Retour à Uvira

La stratégie 2027-2030 de CERC commencera là où tout a commencé : à Uvira, en 2027, avant le reste du Sud-Kivu puis le Nord-Kivu.

« L’application DevelopmentCheck fournit des informations clés sur le fonctionnement, les budgets et les performances des écoles aux élèves, aux parents, aux enseignants et à l’ensemble de la communauté, qui peuvent les utiliser dans les débats politiques, la budgétisation et la définition des priorités de développement au niveau de l’école. »

Ngoya Bundu Harmonie, coordinateur du projet à CERC

À propos de CERC

Le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption (CERC) est une organisation non gouvernementale congolaise fondée en avril 2017 au Sud-Kivu. Avec les jeunes au cœur de son action, CERC travaille avec les écoles, les communautés, les institutions publiques et ses partenaires pour promouvoir la transparence, la redevabilité et l’intégrité en République démocratique du Congo. Il dispose du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) depuis 2021. Pour en savoir plus : Qui sommes-nous.

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